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J’ai plusieurs vilaines manies dont j’aimerais (peut-être) un jour me débarrasser. Je dis peut-être parce que dans les faits, elles dérangent souvent plus les autres que moi…

Pour compenser, j’ai développé quelques bonnes habitudes dont je saurais trop me féliciter. Parmi elles? Ramener un livre de recettes de chacun des endroits que je visite.

Parmi mes moins bonnes habitudes? Avoir tendance à me "conforter" dans mes livres de recettes préférés. Mes livres de recettes ne sont pas tous égaux dans mon coeur. Ceux qui ont déjà fait leurs preuves partent avec une longueur d’avance lorsque vient le temps d’essayer une nouvelle recette. Il y a aussi "les saveurs du mois" qui peuvent bénéficier d’une attention particulière de ma part. Mamma Agata surfe d’ailleurs sur cette vague de sympathie depuis quelques semaines… :)

Il m’aura donc fallu un rhume carabiné, et un Être-Aimé dévoué pour me sortir de ma zone de confort. Cherchant le dessert qu’il pourrait cuisiner pour le souper d’hier (je m’étais auto-déclarée invalide), il a ressorti un livre que j’avais presque oublié, et qui m’a rappelé notre dernier voyage à Berlin l’été passé.

German Cookbook

À l’instar de la gastronomie allemande, qui n’a rien de gastronomique pour tout dire, le livre n’est pas une révélation en soi. Mais le chapitre sur les desserts vaut le livre en entier.

Les allemands savent faire les desserts. Ils n’ont pas la précision chirurgicale de la pâtisserie française, mais savent mettre en valeur les fruits de saison pour en faire des desserts à la fois goûteux et sans prétention.

Le fruit fétiche du peuple germain? La cerise ou kirsch en allemand (eh oui, comme l’alcool!). D’ailleurs, le gâteau forêt-noire est probablement le meilleur ambassadeur des desserts allemands, la Forêt-Noire étant une région du sud-ouest de l’Allemagne.

Kirschenmichel

L’Être-Aimé a choisi d’essayer le kirschenmichel, ou pouding aux cerises, un autre classique allemand. Fait à base de griottes en pot et de croissants de la veille, il s’agit vraiment d’une belle découverte qui se prépare en 15 minutes, et qui est franchement délicieuse.

Voilà qui donne (presque!) le goût d’avoir le rhume plus souvent! Merci chéri!

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Recette du kirschenmichel

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Mamie recherchée

Je vais vous faire une confidence : je suis d’une monotonie crasse lorsqu’il s’agit du petit-déjeuner. J’ai des phases, qui durent en général 6 mois, au cours desquelles je mange systématiquement la même chose en me levant le matin. Puis, l’appel de la nouveauté se fait sentir, je change de menu, et me voilà repartie pour un autre 6 mois.

Je vais vous faire une autre confidence : je suis actuellement dans la phase rôties beurre d’arachide/caramel. Ne faites pas la grimace, c’est excellent.

Depuis quelques mois, donc, je vide compulsivement ces contenants de tartinade de caramel à tartiner de type Grenache vendues en épicerie. Puis, je me suis rappelé une recette que j’avais dans mes cahiers, le caramel de mamie.

Caramel à tartiner de Mamie

À ceux qui s’attendent à l’une de ces histoires nostalgiques, du genre "enfant, quand je rentrais de l’école, mamie m’attendait avec une tartine de ce caramel qui embaumait toute la maison…", vous serez déçus. Aux autres, réjouissez-vous : je n’ai aucune idée qui était cette mamie. Et vous savez quoi? Ce n’est pas vraiment important.

Le caramel de Mamie est une recette que j’ai obtenu de ma belle-mère, qui elle l’a obtenu d’une ancienne amie. Cette ancienne amie connaissait-elle l’identité de la mamie en question? Je n’en ai aucune idée. Et vous savez quoi? Ça non plus, ce n’est pas vraiment important.

L’important, c’est que cette recette de caramel en est une de compétition. Rapide, facile à faire, une parfaite balance de sucré/salé. Bref, tout ce qu’on attend d’un caramel maison.

Et en plus, le rendement de cette recette est très bon (environ 6 pots Mason de 250 ml). Une excellente nouvelle lorsqu’on est au début de la phase rôties beurre d’arachide/caramel.

Et comme s’il n’avait pas encore assez de vertus, le caramel de mamie se congèle très bien et se conserve environ 1 mois au réfrigérateur. Mais cette dernière donnée n’a jamais été prouvée puisqu’on ne recense aucun cas de pot n’ayant pas été terminé après une semaine.

Si vous avez une grand-mère qui faisait ce caramel, faites-le moi savoir, elle pourrait bien être l’auteure de cette recette. Si non, ne vous empêchez pas d’essayer ce caramel qui rend heureux. Car vous savez quoi? Le bonheur, c’est ce qui est vraiment important.

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Caramel de mamie

Et le gagnant est…

Je ne vous ferai pas languir très longtemps. C’est au terme d’un rigoureux tirage au sort que je vous annonce le nom du chanceux (ou chanceuse) qui recevra un exemplaire du livre de recettes de Mamma Agata, ma nouvelle gourou de la cuisine italienne.

Parlons méthodologie. Le tirage, qui a été effectué à l’aide du générateur de nombres du site random.org, a eu lieu le 11 février 2013, à 19 h 56, sous la surveillance de la très sérieuse firme Roy Roy Roy & Roy. Les commentaires ont été préalablement numérotés par ordre chronologique.

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Capture d’écran 2013-02-11 à 19.51.01

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Le commentaire gagnant est le 18e (excluant le 1er commentaire qui provient de l’Être-Aimé), et son auteur est…

Mireille Fortin! :D

Félicitations Mireille! Le livre de recette de Mamma Agata te parviendra donc prochainement, et ce, directement de l’Italie! Pour les autres, merci encore de votre participation. Cela ne veut pas dire que vous devrez vous passer de Mamma Agata pour le reste de votre vie. Cela signifie uniquement que vous aurez à débourser pour obtenir votre copie! Je vous rappelle que le livre est en vente sur le site web de Mamma Agata.

J’ai eu beaucoup de plaisir à lire vos commentaires et à connaître vos livres de recettes préférés. J’ai remarqué quelques tendances (Josée di Stasio et Ricardo ont assurément la côte auprès de vous). Vous m’avez aussi créé quelques besoins. J’avais réussi à oublier the Modernist Cuisine, mais on dirait qu’il revient me hanter à nouveau… Vu son prix, je continue à résister, mais c’est très difficile! 

J’ai surtout remarqué le lien affectif très fort qui unit un cuisinier à son livre de cuisine préféré. Quelques-uns d’entre vous m’avez parlé du livre de recettes familiales, qui n’est pas sans rappeler le billet que j’ai écrit il y a quelques mois sur ces recettes écrites à la main qu’on a tous dans un cartable ou un tiroir de cuisine.

En lisant vos réponses, j’ai eu le goût de me prêter à l’exercice : déterminer MON livre de recettes préféré.

J’ai longtemps hésité, puis c’est soudainement devenu évident.

Il ne s’agit pas d’un livre, mais de deux (qui sont tellement semblables dans la forme que je les considère comme un tout) : le livre Pinardises, et Encore des pinardises de Daniel Pinard.

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Image

J’aimerais attirer votre attention sur la créativité dont l’Être-Aimé peut souvent faire preuve, à mon insu évidemment. Cette fois-ci, le pauvre Daniel n’a eu aucune chance…

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Je sais que les Pinardises ne font pas l’unanimité (d’ailleurs, Daniel Pinard lui-même ne fait pas l’unanimité). Ses livres n’ont pas de photos, les recettes sont souvent floues, imprécises sur le plan des quantités. Mais alors, pourquoi sont-ils mes livres préférés?

Parce qu’ils sont différents, et qu’ils racontent des recettes plutôt que de les présenter. Ils n’ont pas photos, mais des descriptions parfois si enflammées qu’elles rendraient terne toute image, aussi appétissante soit-elle. Mais surtout, Daniel Pinard a une plume formidable. À mon sens, il a inventé la littérature culinaire, et si vous lisez ce blogue aujourd’hui, c’est assurément en grande partie à cause de lui.

Et qu’en est-il de mon livre de Mamma Agata? Il deviendra certainement l’un de mes livres classiques. À ce jour, toutes les recettes essayées (6 jusqu’à maintenant) ont passé le test avec succès (certaines avec mention d’honneur). Mais je considère qu’il est encore trop tôt pour élever ce livre au titre de "préféré". Après tout, une vraie relation se bâtit avec le temps.

Attention fidèles lecteurs : je vous propose un concours à la fin de ce billet! Ceci dit, rien ne vous empêche de lire mon texte au complet! :)

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J’irai en Italie en mai prochain, pour la 2e fois. Pourquoi y retourner, alors que le monde est si grand, et qu’il y aurait tant d’autres pays à visiter?

Parce que j’aime profondément l’Italie. Pour son patrimoine historique fascinant. Pour la fierté et le tempérament passionné des italiens. Mais aussi, et surtout, pour sa cuisine authentique qui ne poursuit qu’un seul objectif : mettre en valeur la qualité des produits utilisés.

Mais ce prochain voyage aura ceci de spécial que je réaliserai l’un des rêves de ma vie : celui de cuisiner avec une vraie mamma italienne… et tenter, en douce, de lui soutirer le secret de ses meilleures recettes.

Il ne m’aura fallu qu’une brève recherche sur la toile pour trouver MA mamma. Et quelle mamma! Elle est instantanément devenue ma nouvelle idole et mon principal sujet de conversation des derniers jours.

mamma agata

Je vous présente Mamma Agata Lima, qui donne des cours de cuisine avec sa fille Chiara dans sa maison de Ravello, petite bourgade bucolique de la côte amalfitaine en Italie du Sud. Depuis 5 générations, les Lima habitent une fermette aménagée à flanc de montagne où poussent oliviers et citronniers. Ils ont un immense jardin, font leur huile, leurs pâtes et leurs conserves de tomates, et cultivent eux-mêmes la très grande majorité des produits utilisés dans le cours de cuisine.

maison mamma agata

Mamma Agata ne parle qu’italien, ce qui ajoute évidemment à son charme. C’est Chiara qui traduit pour elle en anglais. Quoi qu’il en soit, j’ai tout de même débuté des cours d’italien pour être en mesure d’échanger quelques phrases avec elle. Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre une idole!

Mamma Agata cuisine depuis qu’elle a 8 ans. D’abord pour ses 7 frères et soeurs, puis, comme cuisinière dans des villas de Ravello habitées par de riches américains. C’est au cours de cette période qu’elle cuisina notamment pour Jackie Kennedy, Fred Astaire et Humphrey Bogart. Rien de moins.

Consciente de la valeur inestimable du savoir-faire de sa mère, Chiara était convaincue que la seule manière de préserver cet héritage était un livre de recettes… Le livre Mamma Agata a été publié en 2009. Une excellente idée, puisque le livre a remporté la 2e place (après Jamie Oliver) dans la catégorie Best Simple Recipes du Gourmand Awards Cookbooks qui récompense les meilleurs livres de recettes au monde.

Je ne savais pas comment j’allais pouvoir attendre jusqu’en mai avant d’obtenir ma copie du livre. On peut évidemment l’acheter en ligne, mais j’avais l’intention de l’acheter sur place et me le faire dédicacer par Mamma Agata.

Chiara m’a sauvé de cette attente interminable. Quand je lui ai dit que je bloguais bouffe et que j’avais l’intention d’y raconter ma rencontre historique avec sa mère, elle m’a gentiment envoyé une copie du livre, dédicacée, avec 2 paquets de pâtes maison! Grazie mille Chiara!

Le livre de Mamma Agata contient une cinquantaine de recettes. Et que des classiques : aubergines parmesan, boulettes de viande, gnocchis en sauce tomate, poulet au citron, etc. Il est abondamment illustré (avec des photos où on voit les mains de Mamma Agata faire la recette) et est surtout très généreux en explications. À la lecture, on a presque l’impression d’avoir une grand-mère derrière l’épaule qui nous dit quoi faire, nous surveille, et nous corrige au besoin tout au long de la recette.

C’est certainement l’abondance des explications qui fait que j’ai aussi bien réussi ma première recette : le fameux gâteau au citron de Mamma Agata.

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Le gâteau au citron est un autre de ses classiques. Il semble d’ailleurs qu’Humphey Bogart en était fou et qu’il en demandait à tous les repas!  Humphrey avait raison. Le gâteau est tout simplement divin. Il s’agit d’un gâteau blanc dans lequel est imbibé un sirop de citron ou « limonade » qui lui donne un moelleux dont on se rappelle longtemps.

Chiara a gentiment accepté que je partage la recette avec vous. Ce gâteau deviendra assurément un de mes classiques et j’espère qu’il le sera pour vous aussi.

À la lecture du livre, j’ai compris ce que je crois être le plus grand secret des recettes de Mamma Agata. Un secret qui est écrit entre les lignes : l’importance de cuisiner avec amour. Il s’agit certes d’un ingrédient intangible, mais qu’on peut toujours goûter à travers un plat.

Je tâcherai de ne jamais l’oublier.

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Vous aussi, faites entrer Mamma Agata dans votre vie!

On reconnaît ici la générosité légendaire des italiens… Quand je lui ai parlé de mon blogue, Chiara m’a proposé d’organiser un concours en faisant tirer un exemplaire du livre Mamma Agata parmi vous, fidèles lecteurs.

Voici ce que vous devez faire pour participer au concours et courir la chance de gagner un exemplaire du meilleur livre de recette au monde!

  1. Aller « aimer » la page Facebook de Mamma Agata
  2. Aller « aimer » la page Facebook de mon blogue
  3. Faire un commentaire dans ce billet en répondant à la question suivante : Quel est votre livre de recettes préféré, et pourquoi? (étape obligatoire)

Vous avez jusqu’au 10 février 2013, à 23 h 59 (EST)  pour participer en publiant votre commentaire. Je communiquerai avec le gagnant par courriel et publierai le nom dans ce billet dans les jours suivant le tirage.

Bonne chance à tous!

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Recette du gâteau au citron de Mamma Agata

Extrait du livre Mamma Agata (fourni par Chiara)

Site web de Mamma Agata

Ma belle-mère Patricia cuisine bien. Très bien même. Elle et moi ne cuisinons pas le même genre de choses, mais je dois avouer qu’elle a quelques recettes que je qualifie « de compétition ».

Ses galettes aux carottes, par exemple, ont connu une intense vague de popularité auprès de mes collègues il y a quelques temps.

Mais je crois que s’il y avait une recette pour camper le style culinaire de Patricia, ce serait son sucre à la crème. La première fois que j’y ai goûté, j’étais convaincue qu’elle y avait ajouté de la drogue pour créer une dépendance.

Je lui ai demandé la recette et j’ai constaté qu’il n’y avait aucune substance illégale.  Un point positif, me dis-je. À l’instar de plusieurs recettes traditionnelles, sa recette contenait peu d’explications et n’utilisait pas le thermomètre à bonbon. La seule indication était celle-ci : brasser continuellement pendant les 40 minutes de cuisson…

J’avais déjà fait du sucre à la crème, avec succès, à plusieurs reprises auparavant. Je connaissais les secrets du sucre à la crème de Ricardo. La confiance était donc à son maximum.

Cependant, il était hors de question d’être l’esclave d’un sucre à la crème pendant 40 minutes. J’ai donc fait fi des instructions.

Flop.

Je me suis dit que je n’avais pas dû le laisse cuire assez longtemps. J’ai réessayé, toujours sans brasser, mais en utilisant le thermomètre.

Flop.

J’ai réesssayé… en brassant, à contrecoeur.

Flop.

Se pouvait-il que la recette aille à l’encontre de principes fondamentaux de chimie alimentaire? Pour en avoir le coeur net, j’ai demandé à ma belle-mère Patricia de faire la recette avec moi. J’ai compris ce jour-là ce que le mot asservissement signifiait réellement…

Il faut évidemment remuer sans arrêt pendant les 40 minutes de cuisson, puis laisser refroidir quelques minutes, puis, battre à la mixette au moins 30 autres minutes!

J’ai réussi. Mais au prix d’un interminable processus.

Je refusais de laisser un sucre à la crème, aussi délicieux soit-il, me prendre en otage dans ma propre cuisine pendant près de 2 heures! C’est pour cette raison que j’ai décidé d’investiguer. Il existait certainement, me dis-je, une façon d’optimiser les façons de faire.

J’ai trouvé.

Le problème en était un de molécules (on y revient toujours!). Malgré son nom, la recette de sucre à la crème de ma belle-mère n’utilise pas de crème, mais un mélange de lait évaporé et de beurre. Proportionnellement, les quantités de ces deux ingrédients différaient de celles d’une recette traditionnelle à base de crème.

C’est donc au terme d’une exhaustive analyse des valeurs nutritionelles et de plusieurs dizaines de règles de 3 que j’ai découvert qu’en diminuant légèrement la quantité de beurre, on retrouvait le précaire équilibre qui fait un sucre à la crème à la fois parfait et facile à réaliser.

J’ai parlé du fruit de mes recherches à Patricia, sceptique. Essaie-le, et donne m’en des nouvelles, me dit-elle.

J’ai essayé. Et ce fut un succès!

Texture parfaite, goût fantastique, effort minimum. La Sainte Trinité réunit dans 3 cm cube!

Voici donc la recette de ce sucre à la crème 2.0.

Souvent, les recettes traditionnelles possèdent un je-ne-sais-quoi qui les rend uniques. Mais parfois, elles ont juste besoin d’un petit coup de pouce de la science pour les transcender.

Belle-maman, la prise d’otage est maintenant terminée. Vous êtes libre désormais.

Il existe depuis quelques semaines auprès de mes collègues une véritable frénésie entourant la mijoteuse, causée en grande partie par le dernier opus de Ricardo, qui porte exclusivement sur le sujet. J’en veux d’ailleurs pour preuve la véritable déclaration d’amour de ma collègue Marie-Hélène au nouveau prince de la mijoteuse après avoir essayé sa recette de gâteau au fromage.

Depuis mon bureau à cloisons, j’observe le phénomène et refuse de céder si facilement à la tendance. Car, comme bien d’autres, j’ai moi aussi une mijoteuse. Et comme bien d’autres, je m’en suis servie de façon compulsive dans les premiers mois. Puis, constatant que le boeuf strogonoff goûtait comme la goulash de la semaine précédente, qui elle, goûtait la carbonade flamande du mois dernier, j’ai déchanté et, comme bien d’autres, j’ai remisé la dite chose au fond d’une armoire.

L’assertion de Ricardo à l’égard de la mijoteuse est puissante : de la lasagne à la crème brulée. Ce à quoi je répond : oui, mais à quel prix? Ou plutôt : à quel goût?

Je salue l’innovation de l’homme et de son équipe, et reconnais le côté pratique de la mijoteuse. Mais je suis contre son utilisation abusive comme peut le suggérer le livre. Certes, il est possible de cuire une lasagne dans une mijoteuse. Mais je refuse de croire qu’elle soit meilleure qu’une lasagne doucement mitonnée un dimanche après-midi. Une lasagne trop cuite ou un mijoté insipide sont-ils davantage justifiables du fait qu’on les mange un soir de semaine?

Il existe des dizaines de soupers express qu’on peut cuisiner, du frigo à l’assiette, en moins de 20 minutes, soit le temps nécessaire à la préparation d’une recette de mijoteuse. Des escalopes de veau prennent à peine 4 minutes à cuire dans une poêle chaude. Des filets de saumon au four? Pas plus de 10 minutes. Des spaghetti carbonara? Le temps de faire bouillir l’eau et cuire les pâtes, préparation incluse. La vraie question : est-il essentiel de manger de la lasagne un mardi soir?

Je dis Oui à la mijoteuse, mais avec discernement. À moins de vouloir faire jaser ses invités (ce qui, à mon avis, constitue une raison tout à fait valable), il n’y a aucune valeur ajoutée à faire un gâteau au fromage dans une mijoteuse. À ceux qui applaudissent le résultat moelleux de la version mijoteuse, je réponds qu’on peut facilement faire cuire un gâteau au fromage dans un bain-marie au four. Et à ceux qui prétendent maximiser l’utilisation de leur four lors d’un repas complexe, je réponds que le gâteau au fromage doit refroidir plusieurs heures (sinon la nuit) au frigo. En le faisant cuire la veille, vous évitez tout engorgement de votre four, sans avoir à utiliser une mijoteuse.

Je dis Oui à la mijoteuse, dans la mesure où le résultat est au moins aussi bon que la version traditionnelle. Pour moi, une lasagne n’aura jamais sa place dans une mijoteuse.

Je dis : transformons les faiblesses de la mijoteuse en avantages. On dit que la mijoteuse donne des résultats insipides et qui goûtent l’eau en raison de la condensation? Utilisons-là pour cuire à la vapeur!

J’ai pour vous la recette parfaite pour la mijoteuse. Un dessert typiquement anglais, le sticky toffee pudding. Il n’existe pas de nom français, mais on pourrait le traduire par gâteau moelleux aux dattes et au caramel. La plupart des recettes de sticky toffee pudding qu’on trouve sur Internet demandent une cuisson au four, mais mes recherches m’ont appris que la façon traditionnelle de le cuire est à la vapeur, dans une marmite sur le rond d’une cuisinière. Une méthode relativement complexe qui donne le goût de privilégier la cuisson au four, même si le résultat est plus sec.

Le sticky toffee pudding à la mijoteuse, c’est le meilleur des deux mondes : une cuisson traditionnelle à la vapeur et la facilité de la mijoteuse. Le gâteau cuit dans un bol en pyrex qu’on place dans la mijoteuse, dans laquelle on aura versé de l’eau bouillante. On l’oublie sur le comptoir et on découvre, trois heures plus tard, un dessert tout chaud, prêt à manger. Car contrairement au gâteau au fromage, le sticky toffee pudding se mange chaud… :)

Et comme si ce n’était pas assez, la recette que je vous propose est celle qui est servie pour la reine à Buckingham Palace. En publiant il y quelques années un recueil des meilleures recettes royales, Darren McGrady, ancien chef exécutif de la reine, est devenu de facto un autre de mes gourous culinaires. J’ai d’ailleurs publié sur ce blogue quelques autres de ses recettes, notamment, le gâteau de noces du Prince William et les scones de la reine.

Je dis Oui à une utilisation éclairée de la mijoteuse. Et surtout, je dis Oui au sticky toffee pudding!

Tartiflette du Lac

J’ai eu le bonheur l’an dernier de visiter Annecy, petite ville de la Haute-Savoie située en bordure d’un lac du même nom (le lac Annecy), le tout ceinturé de vertes collines. Idyllique est certainement un euphémisme pour décrire l’endroit.

Matin brumeux à la marina d’Annecy

À cause d’un canal qui serpente la ville, on surnomme Annecy la Venise des Alpes, un titre exagéré si vous voulez mon avis. Oui, la ville est magnifique, mais de là à la comparer à la Sérénissime, il y a un pas. Comme si toutes les villes dotées de canaux pouvaient s’attribuer de facto une référence à Venise. C’était la portion éditoriale de ce billet. Merci de votre compréhension.

LE canal d’Annecy

Annecy est autant réputée pour ses paysages que pour son reblochon, un fromage de lait cru à pâte pressée, non cuite. La plupart des touristes qui visitent Annecy flanchent pour la tartiflette, ce gratin de pommes de terre fait à base, justement, de reblochon. Personnellement, j’en ai été incapable. J’ai visité Annecy au mois de juillet, par une belle journée à 26 degrés. Selon moi, la tartiflette est un plat d’hiver (ou à tout le moins d’automne pluvieux).

Personnellement, je me suis rabattue sur un sandwich à base de reblochon, qui s’est avéré être le meilleur sandwich que j’ai mangé de toute ma vie (je vous le jure).  C’était une baguette à base de reblochon qu’on avait fait fondre sous un four à raclette. Accompagné d’un jambon cru, style proscuitto, et de petits cornichons, j’en frémis encore chaque fois que j’y pense.

Je croyais que la tartiflette était un plat traditionnel savoyard, que les mères servaient depuis des générations à leurs enfants qui revenait de l’école… Que nenni! Sous des allures de plat authentique se cache un vil coup de marketing du Syndicat interprofessionnel du reblochon. Ceux-ci, souhaitant augmenter leurs recettes, ont justement eu l’idée d’inventer, dans les années 80, une recette qui utiliserait une grande quantité du fameux fromage.

Les derniers jours ayant été froids et pluvieux, j’ai eu le goût de me faire une tartiflette. Mais puisque j’ai aussi un côté un peu chauvin, et que je ne voulais surtout pas encourager le Syndicat interprofessionnel du reblochon, j’ai décidé de remplacer ce dernier par un fromage québécois.

Mon choix s’est arrêté sur le Kenogami, un fromage dont la fabrication s’apparente au reblochon. Certains l’appellent même le reblochon québécois. Le Kenogami est fabriqué à Hébertville, petite municipalité située en bordure d’un lac presque aussi mythique que le lac Annecy : le lac St-Jean.

Ma tartiflette du Lac St-Jean

Je n’ai pas le goût de vous proposer une recette stricte de tartiflette, l’idée étant d’y aller selon vos goûts et votre feeling. J’irai tout de même de quelques trucs que j’ai piqué sur différents sites de la Toile.

Dernier conseil : assurez-vous de disposer de suffisamment de temps après avoir dégusté votre tartiflette pour soit courir un marathon, traverser le fleuve à la nage où faire le trajet Montréal/Baie Comeau à vélo. Car c’est vraisemblablement les efforts que vous devrez déployer pour brûler le million de calories que vous aurez ingurgité avec votre tartiflette.

Mais n’y pensez pas tout de suite, et contentez-vous pour l’instant de savourer le moment présent!

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