S’il y avait un seul mystère que je souhaitais percer en venant en Suisse, c’était bien celui de la raclette.
Pour vous faire une confidence, je n’ai jamais réellement aimé la raclette. Probablement parce qu’il existe autant de façons de manger de la raclette que de propriétaires de poêles à raclette. Je n’ai jamais senti d’uniformité dans toutes les raclettes que j’ai pu manger. L’un utilise des viandes marinées, l’autre des légumes, un autre encore, des crevettes à griller. J’ai même déjà vu de la viande à fondue. Tous utilisent du fromage, mais là aussi, les façons de l’utiliser diffèrent. En cube, en tranche, râpé, je vous dis, j’ai tout vu ! C’est d’ailleurs probablement cette anarchie de la raclette qui me laissait un peu tiède.
Je savais que la « vraie » raclette devait être autre chose. J’avais déjà vu des fours à raclette différents de nos appareils domestiques et j’en comprenais bien le principe : on chauffe une demi-meule de fromage à raclette sous un élément et on racle le produit fondu et grillé sur des pommes de terres et autres accompagnements.
Mes recherches disaient que la raclette était originaire du canton du Valais en Suisse, et, malheur, je n’avais pas prévu y aller pendant mon voyage. Je croyais donc devoir me rabattre sur une version genevoise de la raclette. Mais la chance m’a souri ! Je n’ai effectivement pas eu à aller au Valais, c’est plutôt le Valais qui est venu à moi !
Alors que je participais, le 1er aout dernier, à la Fête nationale suisse à Genève, j’ai eu le bonheur de constater que le canton du Valais avait été choisi comme hôte d’honneur des festivités. Une tente thématique avait été aménagée pour l’occasion et on avait la possibilité de goûter à des spécialités régionales dont…je vous le donne en mille… de la raclette !
Voici donc ce qu’on m’a servi. Attention, je préfère vous avertir : l’esthétique n’était peut-être pas au rendez-vous, mais dans des cas comme ceux-ci, seules les papilles triomphent.
Pour les valaisans, la raclette se résume donc à ça : du fromage fondu sur une pomme de terre grelot accompagné d’un cornichon (et de petits oignons – mais dans mon cas, ils ne m’en ont pas mis). On en veut plus ? On répète l’expérience.
Ou sont les charcuteries me demanderez-vous ? C’est là que vous faites erreur : la raclette suisse ne se sert pas avec de la viande et des saucissons. Il s’agit plutôt d’une adaptation savoyarde.
Le type, et la qualité du fromage y sont évidemment pour quelque chose. Et le résultat est plutôt addictif : une fois les deux bouchées terminées, on songe déjà à la prochaine portion !
Le livre sur la cuisine romande que j’ai acheté il a quelques jours est plutôt formel sur la raclette :
« La véritable raclette se fait en posant une demi-pièce de fromage devant une source de chaleur – devant les braises d’un feu de bois ou d’un four électrique conçu a cette fin. Les « raclettes » ou l’on fait fondre des tranches de fromage, au four, ou dans une poêle en Téflon placée sur un réchaud, sont, à notre avis, dénaturés. »
Qu’on se le tienne pour dit.
La question demeure donc entière : comment la raclette se mange-t-elle ailleurs que dans un restaurant ? A l’instar des « racleurs » professionnels dans les restaurants suisses (comme mon crédible racleur de la photo ci-dessous), l’hôte ou l’hôtesse doit-il (elle) se sacrifier pendant tout le repas pour sustenter ses invités ? Si vous avez la réponse, dites la moi !
D’ici là, je vous propose d’essayer la Raclette du pauvre, recette qui provient de mon nouveau livre de cuisine et qui, comme son nom l’explique, ne nécessite ni meule de fromage entière, ni four à raclette sophistiqué.
Bon appétit !


