Vos enfants vous achalent pour avoir un chien un chat ou un poisson rouge? Vous êtes allergiques aux tortues et faites de l’urticaire en présence d’une perruche? Ne cherchez plus, j’ai pour vous l’animal de compagnie idéal, le levain!
Lors de mon séjour en France, je suis tombée par hasard sur un livre expliquant comment faire son pain à partir de levain. Intéressant me dis-je. J’avais déjà fait du pain, mais je ne m’étais jamais questionnée sur ce qu’était le levain par rapport à de la levure traditionnelle. J’ai donc été surprise d’apprendre que le levain est un élément vivant qui se développait au fil du temps et dont il fallait prendre soin régulièrement en le nourrissant… comme n’importe quel animal de compagnie. Mieux encore, on pouvait le créer soi-même à partir d’eau et de farine. Inutile de vous dire que ce livre (Apprendre à faire son pain au levain naturel) faisait partie de mes bagages de retour… Un livre sur le pain, acheté dans la capitale mondiale de la gastronomie (Lyon), n’y a-t-il pas plus crédible!
En librairie, j’avoue avoir littéralement sauté sur ce livre, abondamment illustré. Ce n’est que le soir que je me suis mise à lire plus attentivement entre les images… et que j’ai réalisé qu’il était rempli de perles comme celle-ci :
En forme de vague, [le levain] évolue selon des hauts et des bas, des apogées, des périgées, des naître et des mourir : il est vivant. Il réagit aux émotions de la maison, aux joies et aux disputes, et mêmes aux bonnes ou mauvaises pensées et intentions.
Incroyable n’est-ce pas? Tout ça pour un simple levain! Les cinéastes sont vraiment passés à côté de quelque chose : il y aurait vraiment un film à faire sur la vie secrète du levain! J’adore ces livres qui en plus d’être instructifs, sont divertissants, mais sans le savoir.
De retour au pays, j’étais vraiment enthousiaste à l’idée de tenter l’expérience. En effet, n’y a t-il pas meilleur animal de compagnie qu’un levain pour une personne qui fait de la cuisine moléculaire? J’ai déjà hâte d’écrire mon billet sur le pain que j’aurai fait à partir de ce levain.
Tout animal de compagnie se doit d’avoir un nom. Il était donc normal que le mien en ait un aussi. Je ne voudrais surtout pas avoir à gérer des crises existentielles de levain (voir citation plus haut). Je suis donc très heureuse de vous présenter Honoré, qui a été nommé ainsi en l’honneur de Saint-Honoré qui, peu de gens le savent (rassurez-vous, je ne le savais pas non plus avant d’avoir fait la recherche), est le saint patron des boulangers.

Bon, il n’est pas encore très vigoureux, mais je l’ai installé dans un joli bol, et je lui ai moi-même confectionné un petit bonnet en coton-lin, parce qu’il parait que c’est ce qu’il y a de mieux pour recouvrir un levain. Le levain étant vivant, il doit pouvoir respirer correctement.

Honoré siège donc désormais fièrement sur mon comptoir de cuisine. Et n’allez pas croire que le terme "animal de compagnie" n’est qu’une simple figure de style. Honoré nécessite des soins quotidiens. On doit le nourrir tous les jours (!), le brasser pour lui incorporer de l’air. Il peut nécessiter des traitements choc s’il est trop fatigué. Parce que oui, un levain peut être fatigué.
Je dois ici vous faire une confidence. Le Honoré de la photo est en fait le 2e du nom. Avant Honoré II, il y a eu Honoré 1er, un levain mort-né qui, au bout de trois jours, dégageait une odeur d’outre-tombe qui était sur le point d’embaumer toute ma cuisine. Je ne sais pas ce qui a causé ça. Toujours est-il que désormais, je ne me fie plus uniquement sur mon livre ésotérique du pain, mais également à d’autres sources, notamment le blogue Au levain qui est très intéressant.
C’est donc une histoire à suivre entre Honoré et moi. Pour ceux qui souhaitent être "en direct sur la nouvelle", sachez que j’ai créé la section Suivez Honoré sur mon blogue, où j’y colligerai photos, statistiques et péripéties.
Pour mes lecteurs à l’esprit scientifique qui sont restés sur leur appétit face au manque de substance de ce billet, je vous invite à consulter le Petit traité sur les levures.
Pour les autres, je vous laisse sur ma citation préférée de Apprendre à faire son pain au levain naturel :
Un levain est fait d’eau, de farine et a de la sensibilité. Puisse le vôtre vivre paisiblement sous votre toit.
Amen.
Quand est-ce que l’on sera prêt à faire le premier "pain d’Honoré" ? J’espere que l’on aura pas à le faire avec Honoré 14… ca semble assez précaire la vie de levain !!
Tu lui fera une petite caresse de ma part, j’adore les animaux. Chouette article!
« Heille Maman, t’as vu comme y’est drôle le bol! » -L’aînée
Cool l’article… et bonne chance!
c est trop drole votre article, mon chum pense que je suis eu train de virer un peu folle car je riais toute seule quand j ai lu les extraits que vous avez mis..merci pour ces perles…