J’ai la profonde conviction que l’amitié alimentaire existe. Je ne fais pas référence ici à l’amitié entre deux personnes qui partagent une passion commune pour la cuisine. Je parle plutôt du lien extrêmement puissant qu’il peut exister entre deux aliments qui cohabitent dans un même environnement.
Les jardiniers connaissent bien le concept de compagnonnage des plantes, qui fait en sorte qu’un plan de tomates, par exemple, poussera mieux s’il grandit à côté d’un basilic et moins bien près d’un fenouil. Et tout cuisinier, même le plus amateur, sera à même de constater la symbiose parfaite entre la tomate et le basilic.
La tomate et le basilic sont donc des amis. Ils poussent dans des environnement similaires, s’aident mutuellement à grandir, et provoquent une réelle synergie dans l’assiette.
Pour ceux qui ont lu mon billet précédent, vous savez que j’étais en attente d’une cargaison de plus de 100 lbs de viande d’orignal, la pauvre bête ayant succombé à la carabine de l’Être-Aimé. Maintenant découpé en plusieurs dizaines de paquets, le Roi de la forêt occupe désormais une bonne part de mon congélateur.
Histoire de lui rendre un dernier hommage, j’ai décidé de tester ma théorie de l’amitié alimentaire en le cuisinant avec un aliment propre à l’environnement où il a vécu, et que je soupçonne être un compagnon alimentaire : le thé du labrador.
Je vous rassure tout de suite, l’Être-Aimé n’a pas dégoté son orignal au Labrador. Le thé du Labrador est le nom de cette plante indigène qui pousse à l’ombre des grands conifères des forêts boréales du Québec. On dit que les Amérindiens buvaient des infusions de thé du labrador pour soigner certains troubles respiratoires, digestifs et rénaux, les rhumatismes, le scorbut et les maux de tête.
Quant à moi, j’ai découvert le thé du Labrador lors de l’émission Les chefs portant sur la cuisine des premières nations. Quelques recherches plus tard, j’ai suis tombée sur une sympathique coopérative, d’Origina, qui commercialise des épices et autres aromates provenant de nos forêts.

Mes recherches ne me permettent pas d’affirmer que l’orignal, grand herbivore, grignote du thé du Labrador de temps à autre. J’ai néanmoins la certitude que thé du Labrador et orignal cultivent une amitié presque fraternelle.
Forte de mon nouvel assortiment d’Origina que j’ai trouvé chez Aliments de santé Laurier à Ste-Foy, j’ai concocté un rosbif d’orignal au thé du Labrador. Le résultat est presque émouvant tant le mariage des saveurs est parfait. La saveur de l’orignal, pourtant assez prononcée, est parfaitement balancée par les arômes épicées du thé du Labrador. Ce n’est pas pour me vanter, mais j’ai frappé fort avec cette première recette que vous trouverez ici.
Telle une Pochaontas des temps modernes, j’ai déjà hâte de tester les autres épices de ma trousse d’essai. C’est à suivre.
Le thé du Labrador est aussi connu pour stimuler les contractions chez la femme enceinte et favoriser le travail. Je ne servirais pas d’orignal ainsi apprêté à une future maman, même si malgré une dizaine de tasses par jour je me sois rendue en déclenchement à 42 semaines et demie de gestation !
J’aimerais ici préciser une chose et j’y tiens…. Mélanie N’A PAS concocté un rosbif, je me suis occupé de la dite pièce de viande. Les conseils de Mélanie en matière de cuisson de viande, de toute façon, sont souvent à prendre avec parcimonie !!
Ceci étant dit, elle a quand même concocté une sauce et une purée de topinambour exceptionnelles !!