Il ne me connait pas, mais je suis certaine que si c’était le cas, Stephen Harper m’aimerait. Lui qui veut remettre l’allégeance à la monarchie britannique au goût du jour, s’il savait qu’en plein coeur de l’irréductible village gaulois, bien cachée entre les piscines hors-terre et les haies de cèdre parfaitement taillées de la banlieue de Québec, il existe une fervente admiratrice de la monarchie britannique, je suis certaine qu’il accepterait de baisser mes impôts.
N’allez surtout pas croire que je sois d’accord avec les idéologies du Parti conservateur. Loin de moi l’idée de tenir des propos politiques dans ce blogue. Dans les faits, je suis uniquement d’accord avec l’augmentation du nombre de portraits de la Reine dans les institutions canadiennes.
Est-ce un restant de colonialisme de mes ancêtres, une réminiscence d’une quelconque vie antérieure ou un abus de ParisMatch à l’adolescence? Je ne sais pas. Le fait est que tout ce qui touche, de près ou de loin, la monarchie britannique en général ou la famille royale en particulier, m’intéresse.
Imaginez donc mon enthousiasme lorsque j’ai découvert le livre de recettes… de la Reine! Il s’agit en fait du livre Eating Royally : recipes and remembrance from a palace kitchen, écrit par Darren McGrady qui a d’abord été l’un des chefs de la famille royale avant de devenir le chef privé de Lady Di lorsque cette dernière s’est séparée du prince Charles.
C’est le livre idéal pour une groupie de la monarchie qui tient un blogue sur la cuisine. En plus d’y lister près d’une centaine de recettes dont les classiques plum pudding, dinde de Noël, et même le pâté chinois de la reine (du shepherd pie, je me promets d’ailleurs de l’essayer un jour), le livre regorge d’anecdotes ou de détails savoureux sur les habitudes de la famille royale. Comme celle qui dit qu’à chaque Noël, à l’instar de ses loyaux sujets, la reine a l’habitude de regarder son propre discours à la télé… Ou celle qui dit qu’elle demande à ce qu’on serve des scones chaque jour à l’heure du thé mais qu’elle n’en mange jamais. Elle ne fait qu’en égrener quelques-uns au-dessus du plancher pour ses chiens, des corgis, qui ne la quittent jamais…

Pourquoi ai-je attendu si longtemps avant de faire les scones de la Reine? Je l’ignore. Peut-être attendais-je de trouver une recette permettant de faire de la Devon cream, qui l’accompagne traditionnellement?
La crème du Devon, ou clotted cream, ou plutôt « crème caillée » en français est une crème très riche, (contenant de 48 à 55 % de matière grasse) obtenue en chauffant de la crème à basse température très longtemps de manière à évaporer une partie du liquide et à concentrer les matières grasses. Il ne faut surtout pas s’arrêter à la traduction peu ragoutante de la crème. Il faut l’utiliser avec parcimonie, comme lorsqu’on tartine du beurre sur du pain, mais c’est franchement délicieux.
Il existe une pléthore de recettes sur le Net qui permettent d’imiter la Devon cream, notamment avec du mascarpone. Mais vous me connaissez, je me méfie de ces imitations, et je préfère les techniques longues et fastidieuses, mais qui ont fait leur preuve. Heureusement, j’ai aussi trouvé sur le Net quelques pages qui expliquent comment reproduire la vraie Devon cream à la maison.
Avec les scones et la marmelade de la Reine, accompagnée de ma Devon cream réalisée de manière traditionnelle, l’illusion est parfaite, et du coup, Stephen Harpen peut désormais venir prendre le thé à la maison au moment qui lui convient.
Autres références
J’ai de la double-creme Devon entre les mains, il me manque les scones. Tout sera pret pour le the de 5 heures.