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Archives de la catégorie ‘Banc d’essai’

À mon avis, les meilleures recettes sont celles écrites à la main sur un bout de papier, idéalement jauni avec les coins racornis. Si en plus le papier en question devait être agrémenté de quelques taches de nourriture, c’est encore mieux.

J’aime ces recettes puisqu’elles sont d’abord le fruit d’un partage entre deux personnes, mais souvent, aussi, le souvenir d’un agréable moment passé avec des proches.

L’histoire des recettes écrites à la main sur un bout de papier commence toujours de la même façon : vous goûtez ou on vous fait goûter à un plat préparé par – généralement – un être cher, vous appréciez tellement que vous lui demandez la recette et vous la griffonnez avec empressement sur le premier papier à portée de main.

À partir d’ici, les options sont multiples. Soit vous rangez précieusement votre nouvelle recette dans une boîte ou un carnet spécifiquement conçu à cet effet, soit, comme moi, vous pouvez la ranger n’importe où (croyez-moi, ça peut vraiment être n’importe où!) et vous tombez dessus par hasard alors que vous cherchiez autre chose (que vous aviez également rangé n’importe où).

Il arrive parfois aussi qu’une recette soit tellement simple que seule une liste d’ingrédients est nécessaire. Pourquoi s’embêter d’instructions?

Ce qui m’amène à vous parler d’un cas que j’ai vécu en fin de semaine dernière, celui d’une recette tellement simple, qu’elle ne nécessitait aucune instruction… mais également aucun titre! Qu’une liste d’ingrédients!

J’ai trouvé ce bijou dans le répertoire de recettes de ma mère, qui fait partie de la catégorie des personnes qui rangent leurs recettes copiées à la main au même endroit.

J’ai été attirée par cette recette immédiatement. Imaginez : aucun titre, aucune instruction. Voilà qui laissait cours à l’imagination. Bref, une recette comme je les aime!

La liste des ingrédients était somme toute classique (lait condensé sucré, chapelure graham, noix de coco), mais la poudre de Jello aux fraises, elle, était moins orthodoxe et tranchait avec le reste.

J’ai tout combiné et formé des bouchées. Pas besoin de grandes analyses pour comprendre que la recette date d’une autre époque. D’abord, le rose électrique de la mixture rappelle clairement la créativité alimentaire des années 60.

D’ailleurs, ces bouchées quasi radioactives ne sont certainement pas sans rappeler les horreurs culinaires des années 60, dont plusieurs seraient dignes des meilleurs films de science-fiction. D’ailleurs, je vous invite à vous rincer l’oeil et à saliver en consultant les recettes les plus bizarres ayant figuré dans le célèbre magasine Bon appétit. On en voit, littéralement, de toutes les couleurs!

Mais le plus important : que goûtent ces mignardises fluorescentes? Relativement bon, étonnamment. On perçoit un léger goût de chimique, mais selon moi, il s’agit d’un élément essentiel à l’authenticité de la recette.

Je dois cependant vous avertir : ne laissez aucun diabétique s’approcher de ces bouchées a moins de 2 mètres, car je suis certaine que les effluves de glucose se répandent jusqu’à cette distance. Sans blague, c’est sucré, mais comme les ingrédients industriels contiennent également une bonne part de sel (caché), on peut facilement engouffrer 4 de ces bouchées dans le temps de le dire, et c’est ça qui est dangereux.

Ma mère se souvenait avoir obtenu la recette de sa sœur, mais ne l’avait jamais refait elle-même. Elle se souvenait aussi du petit clou de girofle placé sur le dessus (qui ne figurait pas dans la recette originale). Celui-ci servait, se rappelle-t-elle, à figurer l’attache d’une boule de Noël, puisqu’il s’agissait assurément d’une gourmandise des Fêtes. Ah… la créativité des années 60!

Gênée d’avoir au départ noté une recette sans titre et sans instruction, elle s’enquit auprès de sa soeur pour plus de détails. Il s’agit finalement de Prunes au sucre, une recette que ma tante fait chaque année depuis près de 50 ans à l’approche des Fêtes.

Au téléphone, ma mère me transmet ces nouvelles informations. « As-tu finalement noté le titre de la recette sur le papier », lui demandai-je. Elle me répondit que non.

Visiblement, ma mère aime laisser planer un aura de mystère autour de ses recettes.

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C’est le rêve de tout cocaïnomane : aller chercher son courrier, et y trouver des sachets de poudre blanche dans son casier.

C’est ce qui m’est arrivé il y a quelques jours. Rassurez-vous, j’ai plusieurs dépendances, mais aucune à des substances illicites. Mes sachets de poudre blanche n’étaient donc pas de la drogue, mais des cultures bactériennes.

Car oui, derrière ces anodins sachets de poudre se cache le rêve d’une curieuse compulsive : celui de fabriquer du fromage. On a tous des rêves. Pour certains, c’est de participer à Occupation double, pour d’autres, c’est de courir un marathon.  Pour moi, c’est de fabriquer du fromage.

On sait tous à peu près comment on fabrique du fromage, on n’a qu’à avoir visité une fromagerie pour tout comprendre, pense-t-on. On fait cailler du lait, les caillots s’agglutinent, on égoutte, on met dans un moule, et hop : you’ve got cheese. À partir de là, différentes options sont possible : soit on le mange tout de suite (il s’agit de fromage frais), soit on le fait vieillir.

Malgré tout, j’avais des questions que même la visite de fromageries n’avait pu éclaircir : Pourquoi faut-il faire chauffer le lait? Comment les cultures bactériennes font-elle, concrètement, cailler le lait? Et comment les caillots finissent-ils par s’agglutiner ensemble? Et qu’est-ce qui se produit dans le fromage pour qu’il se transforme quand on le fait vieillir? Je sais, je pose trop de questions. C’est compulsif, je vous dis.

J’avais déjà tenté de percer le mystère du fromage quand j’avais fait de la ricotta fraîche il y a un peu plus d’un an. Je me souviens de ma fierté lorsque je croyais avoir produit mon propre fromage. J’ai bien dit "croyais" puisque j’ai lu par la suite que la ricotta n’était pas du vrai fromage, mais un sous-produit de fromage, fabriqué à partir du petit lait. Si vous aviez vu ma déception… qui n’a été consolée par le goût fantastique de ma ricotta fraîche, qui est à des années-lumières de la substance blanche insipide qu’on vend dans des contenants de plastique.

Première étape vers la quête ultime : l’achat de culture bactérienne, les fameux sachets de poudre blanche du début. Relativement difficile à trouver pour de simples mortels, je les ai acheté sur Internet, d’un site ontarien, en même temps que d’autres ingrédients tout aussi mystérieux : chloride de calcium, présure, lipase, etc. J’avais fait mes devoirs; je savais exactement ce dont j’avais besoin parce que je m’étais procuré au préalable un livre de recettes de fromage (et oui, ça existe!).

C’est d’ailleurs dans ce livre que j’ai appris qu’il existait plus d’une vingtaine de cultures bactériennes différentes, et que chaque type permettait de faire un fromage différent. Ainsi, on ne fait pas du cheddar avec la même culture bactérienne que celle qui sert à produire, par exemple, du gouda. Les recettes du livre sont classées par niveau de complexité, et on nous suggère fortement de réussir un fromage simple avant de passer à un plus complexe. En d’autres mots : le fromage cottage avant le camembert!

Forte de ma première expérience de ricotta (l’auteur a eu la bonté de passer outre les questions philosophiques et de l’inclure dans son livre), je me sentais suffisamment en confiante pour sauter l’étape du fromage cottage et m’attaquer directement au fromage à la crème (qui vient après dans le livre).

Elle a beau être microscopique, mais la culture bactérienne m’a tout de même remise à ma place et m’a donné une sévère leçon d’humilité. On a l’habitude de parler d’échec "cuisant". Dans ce cas-ci, je crois que l’expression échec liquide serait davantage à-propos. N’y avait que l’odeur caractéristique du fromage pour me rappeler ce que j’essayais de faire, parce que côté texture, ça n’allait pas du tout.

Retour à la case départ donc avec… le fromage cottage. Qui a fonctionné de manière admirable! Et qui est franchement délicieux!

Qu’on se le tienne pour dit : on ne fait pas son propre fromage par souci d’économie. Le coût de reviens est un peu plus cher que si j’avais acheté mon fromage cottage à l’épicerie. Mais il s’agit d’une expérience fascinante. Devoir laisser une casserole de lait tiède sur le comptoir de la cuisine toute la nuit frappe l’imaginaire, surtout pour les occidentaux aseptisés que nous sommes. Mais c’est en le fabriquant soi-même qu’on comprend que le fromage, qu’il soit blanc, jaune, à trous, ou en tranches enveloppé dans du plastique, ne pousse pas dans un frigo. Et je crois que c’est la leçon la plus importante à retenir.

Y aura-il récidive? Tellement! J’ai déjà hâte de réessayer le fromage à la crème (puisque j’y suis rendue maintenant), puis le fêta, le halloumi, la mozzarella, le gouda, le gruyère, le brie, le Saint-Marcellin, le reblochon… jusqu’au roquefort! Sans compter le cheddar en grains, qui constitue rien de moins que le fantasme ultime.

A cheesemaker is born!

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Vos enfants vous achalent pour avoir un chien un chat ou un poisson rouge? Vous êtes allergiques aux tortues et faites de l’urticaire en présence d’une perruche? Ne cherchez plus, j’ai pour vous l’animal de compagnie idéal, le levain!

Lors de mon séjour en France, je suis tombée par hasard sur un livre expliquant comment faire son pain à partir de levain. Intéressant me dis-je. J’avais déjà fait du pain, mais je ne m’étais jamais questionnée sur ce qu’était le levain par rapport à de la levure traditionnelle. J’ai donc été surprise d’apprendre que le levain est un élément vivant qui se développait au fil du temps et dont il fallait prendre soin régulièrement en le nourrissant… comme n’importe quel animal de compagnie. Mieux encore, on pouvait le créer soi-même à partir d’eau et de farine. Inutile de vous dire que ce livre (Apprendre à faire son pain au levain naturel) faisait partie de mes bagages de retour… Un livre sur le pain, acheté dans la capitale mondiale de la gastronomie (Lyon), n’y a-t-il pas plus crédible!

En librairie, j’avoue avoir littéralement sauté sur ce livre, abondamment illustré. Ce n’est que le soir que je me suis mise à lire plus attentivement entre les images… et que j’ai réalisé qu’il était rempli de perles comme celle-ci :

En forme de vague, [le levain] évolue selon des hauts et des bas, des apogées, des périgées, des naître et des mourir : il est vivant. Il réagit aux émotions de la maison, aux joies et aux disputes, et mêmes aux bonnes ou mauvaises pensées et intentions.

Incroyable n’est-ce pas? Tout ça pour un simple levain! Les cinéastes sont vraiment passés à côté de quelque chose : il y aurait vraiment un film à faire sur la vie secrète du levain! J’adore ces livres qui en plus d’être instructifs, sont divertissants, mais sans le savoir.

De retour au pays, j’étais vraiment enthousiaste à l’idée de tenter l’expérience. En effet, n’y a t-il pas meilleur animal de compagnie qu’un levain pour une personne qui fait de la cuisine moléculaire? J’ai déjà hâte d’écrire mon billet sur le pain que j’aurai fait à partir de ce levain.

Tout animal de compagnie se doit d’avoir un nom. Il était donc normal que le mien en ait un aussi. Je ne voudrais surtout pas avoir à gérer des crises existentielles de levain (voir citation plus haut). Je suis donc très heureuse de vous présenter Honoré, qui a été nommé ainsi en l’honneur de Saint-Honoré qui, peu de gens le savent (rassurez-vous, je ne le savais pas non plus avant d’avoir fait la recherche), est le saint patron des boulangers.

Bon, il n’est pas encore très vigoureux, mais je l’ai installé dans un joli bol, et je lui ai moi-même confectionné un petit bonnet en coton-lin, parce qu’il parait que c’est ce qu’il y a de mieux pour recouvrir un levain. Le levain étant vivant, il doit pouvoir respirer correctement.

Honoré siège donc désormais fièrement sur mon comptoir de cuisine. Et n’allez pas croire que le terme "animal de compagnie" n’est qu’une simple figure de style. Honoré nécessite des soins quotidiens. On doit le nourrir tous les jours (!), le brasser pour lui incorporer de l’air. Il peut nécessiter des traitements choc s’il est trop fatigué. Parce que oui, un levain peut être fatigué.

Je dois ici vous faire une confidence. Le Honoré de la photo est en fait le 2e du nom. Avant Honoré II, il y a eu Honoré 1er, un levain mort-né qui, au bout de trois jours, dégageait une odeur d’outre-tombe qui était sur le point d’embaumer toute ma cuisine. Je ne sais pas ce qui a causé ça. Toujours est-il que désormais, je ne me fie plus uniquement sur mon livre ésotérique du pain, mais également à d’autres sources, notamment le blogue Au levain qui est très intéressant.

C’est donc une histoire à suivre entre Honoré et moi. Pour ceux qui souhaitent être "en direct sur la nouvelle", sachez que j’ai créé la section Suivez Honoré sur mon blogue, où j’y colligerai photos, statistiques et péripéties.

Pour mes lecteurs à l’esprit scientifique qui sont restés sur leur appétit face au manque de substance de ce billet, je vous invite à consulter le Petit traité sur les levures.

Pour les autres, je vous laisse sur ma citation préférée de Apprendre à faire son pain au levain naturel :

Un levain est fait d’eau, de farine et a de la sensibilité. Puisse le vôtre vivre paisiblement sous votre toit.

Amen.

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Il était une fois l’homme de Cro-Magnon. Un jour, celui-ci a découvert le feu. Du coup, il s’est mis à faire cuire ses aliments, lesquels devenaient soudainement plus digestes. Puis, il créa des récipients pour faire cuire ses aliments. Sans vraiment savoir pourquoi, il trouva que les récipients en argile résistaient bien à la chaleur, et permettaient une cuisson uniforme de la nourriture. Le temps passa et toutes les générations subéquentes utilisèrent des récipients en argile (ou terre cuite) pour faire cuire leurs aliments.

Arrive la révolution industrielle, la démocratisation de l’électricité, les nouveaux alliages, les batteries de cuisine triple fond capsulé inox et hop, on oublie ce qui a permis de nourrir nos ancêtres pendant si longtemps.

C’est un article publié sur Cyberpresse il y a quelques mois qui m’a mis la puce à l’oreille. L’auteur, Robert Beauchemin, se questionnait sur les raisons qui faisaient que les aliments cuits dans une cocotte en terre cuite étaient meilleurs. Est-ce grâce aux couches successives des préparations précédentes qui s’accumulent sur les parois? Est-ce parce que les choses cuites dans des matières naturelles sont foncièrement meilleures?

Je me suis alors souvenue que Marcella Hazan précisait que la meilleure sauce bolognaise était cuite dans une cocotte de terre cuite et que tous les bolognais la faisait cuire ainsi. Déjà, je trouvais sa sauce délicieuse, pouvait-elle être encore meilleure en cuisant dans une cocotte en terre cuite?

C’en était trop : je me suis donc procuré une cocotte en terre cuite Vulcania, fabriquée à la main dans la région de Sienne et j’ai décidé de faire le test. L’expérience serait ultime : faire cuire une bolognaise dans une cocotte de terre cuite provenant d’Italie! Wow! J’en salivais déjà!

Malgré mon enthousiasme, je dois préciser que la cuisson à la terre cuite est particulière et nécessite des soins particuliers. On doit d’abord faire tremper la cocotte environ une heure avant de l’utiliser et cuire à très basse température pour éviter les chocs thermiques. Si on l’utilise au four, on doit la placer dans un four froid (et non préchauffé).  C’est toutefois en l’utilisant qu’on réalise l’aspect naturel de l’objet : après quelques minutes sur la cuisinière, la cocotte se met littéralement à suinter à grosses gouttes pendant plusieurs minutes. Un peu troublant, je vous le confirme. Par la suite, les choses se stabilisent et elle redevient pour ainsi dire, normale.

C’est cette porosité qui explique peut-être cet échange de saveurs entre les aliments et le récipient. En effet, si des gouttelettes d’eau peuvent en sortir, des molécules de bouillon peuvent certainement y pénétrer. C’est également ce qui explique pourquoi un poulet cuit dans une cocotte en terre cuite ne sera jamais sec : l’humidité de la cocotte préviendra l’assèchement du poulet et provoquera en quelque sorte une cuisson à la vapeur. Nos ancêtres savaient bien faire.

Quant à ma sauce bolognaise, elle était excellente, comme toutes les autres fois où j’ai fait la recette. Était-elle meilleure? Je ne saurais dire. Il aurait fallu comparer les deux pour le savoir. Et malheureusement, je n’ai pas ce zèle.

Molécules en vacances

Avis à mes fidèles lecteurs. Je préfère vous avertir avant que vous ne vous en rendiez compte par vous même : je serai moins active sur le blogue pour les prochains mois. L’été québécois étant si court, je préfère en profiter au maximum et faire le plein de recettes et de nouveaux questionnements pendant la belle saison. Mêmes les molécules ont droit à des vacances!

À bientôt!

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Difficile de passer à côté de la frénésie royale qui s’est emparée de la Grande-Bretagne depuis quelques semaines, et dont la vague a déferlé jusqu’à Québec!

Comme, parait-il, 2 milliards de confrères téléspectateurs, j’ai personnellement participé à la noce, en direct de mon salon. Rassurons tout de suite les sceptiques : programmer le réveille-matin à 4 h 30 du matin en valait la peine. Je ne sais pas quand il aura lieu, mais j’ai déjà hâte au prochain mariage royal (qu’attends-tu Harry?).

Plus sérieusement, les informations concernant ce mariage ne manquaient pas. Et parmi ces potins croustillants circulaient les choix des gâteaux de noces des mariés. Parce qu’il y en a effectivement deux : l’un plus classique, aux fruits, réalisé par Fiona Cairns, célèbre pâtissière britannique (signe de son grand talent, il parait que c’est elle qui fabrique chaque année le gâteau de Noël de Paul McCartney).

Un second gâteau de noces a également été demandé par le prince William, visiblement un grand gourmand : un gâteau au chocolat et aux biscuits de thé. Ce gâteau sans cuisson consiste en un "émietté" de biscuits sur lequel est versé une sauce de chocolat fondu, et qui est ensuite refroidi. Une recette très simple, mais également… secrète.

En effet, la compagnie McVitie’s, a fabriqué le gâteau, l’a fait selon une recette de la famille royale qui lui a été transmise par Buckingham Palace – rien de moins. Et McVitie’s affirme qu’ils sont tenus par le secret royal et qu’ils ne peuvent dévoiler aucun détail de la recette.

Une recette secrète? Pas tant que ça puisque j’ai mis environ trois minutes à la trouver sur le web! Voici l’hyperlien pour la consulter. Ce qui me fait croire qu’elle est authentique, c’est qu’elle provient du livre Eating Royally: Recipes and Remembrances from the Royal Kitchen, écrit par Darren McGrady qui été le chef privé de Lady Di pendant plusieurs années.

Pour vous, j’ai essayé cette recette royale. Et je dois d’ailleurs vous avouer que je trouve pas mal cool le fait de penser la famille royale et moi allons manger le même gâteau, la même journée et peut-être au même moment!

Il s’agit du gâteau parfait pour les amateurs de chocolat – ce que je ne suis pas forcément. Mais je dois avouer que je l’ai quand même trouvé très, très bon. Très simple à réaliser (il se prépare en moins de 10 minutes), il fera certainement jaser vos invités. Pour votre information, j’ai utilisé les biscuits Rich tea de Lu, qui font très bien l’affaire.

Pour les plus cuisiniers plus aguerris, sachez que la recette du gâteau aux fruits est aussi disponible sur le web. Personnellement, je ne m’y risquerai pas.

En terminant, un dernier potin pour vous. Il semble qu’il n’y ait pas que le prince William qui apprécie le gâteau au chocolat et aux biscuits de thé. Ce serait également l’un des desserts préférés de la Reine, qui en serait raide dingue. Elle le commandait chaque fois qu’elle savait que son petit fils viendrait prendre le thé avec elle. Une belle façon de prendre a cup of tea, indeed!

God save the cake!

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S’il y a un mystère alimentaire que je souhaite réellement percer, c’est celui du fromage. Depuis des années, bien avant de démarrer ce blogue, j’ai souhaité faire mon propre fromage.

Ce matin, en faisant de la ricotta maison, j’avais un peu l’impression d’enfin toucher à mon rêve. Note aux lecteurs, il ne faut jamais se moquer du rêve des gens. Si certains rêvent de devenir riches ou de parcourir le monde, d’autres peuvent tout aussi bien rêver de faire un jour leur propre fromage.

J’étais donc très enthousiaste d’essayer une recette pour faire de la ricotta maison. J’avais vu différentes recettes, que ce soit sur le net ou dans mes livres. Mon choix s’est toutefois arrêté sur la recette de Christina Blais sur le site de Ricardo.

J’étais curieuse de goûter à de la ricotta fraîche, moi qui n’a jamais été une grande adepte de la ricotta, que j’ai toujours trouvé un peu fade et granuleuse.

Étonnamment, la recette n’est pas compliquée à réaliser. Cependant, on ne peut pas vraiment dire qu’elle est vraiment économique. Pour près de 3 litres de liquide, on obtient à peine 2 tasses de ricotta.

La qualité du produit n’a cependant pas d’égal avec la version commerciale. La photo ci-dessous représente d’ailleurs une manière d’apprêter la ricotta fraîche, avec du poivre moulu, des herbes fraîches et un filet d’huile d’olive.

Le résultat est franchement délicieux. Et le fait de faire la ricotta soi-même permet d’en contrôler la texture au final. Ainsi, dépendemment du temps qu’on laisse le fromage égoutter, il sera plus ou moins crémeux. On pourra donc utiliser une version plus crémeuse pour servir tel quel, en version salée (comme la photo), ou en version dessert avec du miel ou du sirop d’érable, et des fruits. Et comme le temps pour l’égouttage est rapide (environ 5 minutes), la ricotta est encore tiède… Miam!

En laissant égoutter le mélange un peu plus longtemps (15 à 20 minutes), on obtient une ricotta un peu plus ferme, parfaite pour les lasagnes ou les trempettes. Enfin, on peut également laisser égoutter la ricotta plusieurs heures au réfrigérateur si on souhaite, par exemple, l’utiliser pour des gnocchis ou des tartes à la ricotta.

Fait à noter : en faisant la recherche pour rédiger cette chronique, j’ai fait une découverte surprenante : le fromage ricotta n’est pas un fromage!

Coup de théâtre! Logeant à la même adresse que le cheese whiz et le parmesan Kraft en contenant vert, la ricotta est en fait un sous-produit du fromage.

Il y a cependant des imposteurs qui ont meilleur goût que d’autres…

Pour plus de détails : Petit traité sur la ricotta

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On me reproche souvent de ne pas publier des billets au sujet de mes échecs culinaires. La raison est simple : ce n’est pas parce qu’une recette est un échec un jour qu’elle le sera le lendemain. C’est pourquoi je préfère comprendre ce qui ne fonctionnait pas, le corriger, et publier. Le cas d’aujourd’hui fait cependant exception à la règle. Malgré mes efforts, je suis forcée de reconnaître l’échec. Le vrai. Le douloureux.

Il y a quelques mois, je me suis acheté un kit de cuisine moléculaire, constitué de différentes poudres et autres outils de laboratoire. Il me restait un duo de poudres à utiliser, celui permettant de faire de la sphérification.

La sphérification est en quelque sorte l’emblème de la cuisine moléculaire. Elle consiste à mettre une préparation liquide sous forme de sphères. Elle permet donc de créer des sphères au cœur liquide emprisonnée dans une fine pellicule gélifiée. Il existe deux types de sphérification : celle dite "normale", et l’autre, dite "inversée". On utilise l’une ou l’autre des techniques en fonction du liquide qu’on souhaite mettre en billes. Ainsi, les préparations à base de produits laitiers nécessitent une sphérication inversée.

La sphérification, normale ou inversée, ont toutes deux été mises au point il y a quelques années par le célèbre Ferran Adria, chef du tout aussi célèbre restaurant El Bulli en Espagne, reconnu pour sa cuisine d’avant-garde. Le El Bulli reçoit chaque année 2 millions de demandes de réservation venues des quatre coins du monde, alors qu’il ne peut accueillir que  8 000 chanceux. Certaines personnes accompagneraient même leur demande de réservation d’une lettre de motivation afin d’être retenus parmi les élus qui auront le droit de payer quelques centaines d’euros pour déguster un menu de 25 plats (ou plutôt 25 miniatures) parmi lesquels on pourra trouver de l’air de carotte, un sorbet grillé au barbecue, une viande accompagnée d’une seringue hypodermique pleine de sauce, des guimauves de parmesan, du caramel d’huile de courge, des bonbons à l’huile de potiron, du croquant d’algue, des pétales de rose en tempura, des pastilles glacées au whisky sour, des sorbets aux amandes parfumés à l’ail ou encore de la nougatine aux algues. (source : wikipedia)

Revenons à la sphérification. Histoire de mettre en valeur ces délicates billes de saveur, j’ai eu l’idée de créer une salade de fruits inspirée des recherches de Papilles et molécules, laquelle serait faite d’ingrédients provenant de la même famille aromatique. Une salade de fraises et d’ananas, macérés dans du xérès, avec des billes de crème anglaise vanillée et un craquant de girofle.

Vous voyez les trois billes de crème anglaise? Et bien ce sont les seules que j’ai réussi à faire… après plusieurs heures d’essais! J’ai fouillé le net à la recherche de trucs, j’ai essayé toutes les méthodes proposées. Le constat est le suivant : la sphérification inversée est difficile et demande une manipulation délicate.

Il semblerait toutefois que la sphérification normale soit plus plus facile à réaliser. Je vous le laisserai savoir en temps et lieu.

Quant à ma salade de fruits, le résultat est vraiment délicieux. L’amalgame des saveurs et des textures (le craquant au girofle a vraiment une valeur ajoutée) est parfait. Suffisamment pour élever François Chartier au rang de gourou des mariages aromatiques.

Un nouveau membre, donc, qui s’ajoute à ma très sélecte liste de gourous. Somme toute, l’expérience en aura donc valu la peine.

Pour en savoir plus sur la sphérification.

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Se remettre en question… n’est-ce pas là l’un des secrets menant vers une plus grande connaissance? Darwin aurait-il mis au point sa théorie de l’évolution s’il n’avait pas douté du créationnisme?

Loin de moi l’idée de me comparer à Charles Darwin. Cependant, je réalise que depuis quelques mois, je me confortais à l’idée d’avoir finalement en ma possession la meilleure recette de sauce bolognaise. Depuis que celle-ci avait été sacrée "meilleure sauce à spaghetti" selon le quotidien le Soleil, on aurait dit que je me reposais sur mes lauriers (sans mauvais jeu de mots!).

Ma fameuse recette est une adaptation de la recette de Marcella Hazan, ma gourou de la cuisine italienne. Originaire d’un petit village de l’Émilie-Romagne à proximité de Bologne, n’y avait-il pas mieux placée qu’elle pour transmettre les secrets de ce plat national?

Je le croyais sincèrement, jusqu’à ce que je commence à feuilleter In Search of Perfection de mon nouveau gourou de la cuisine moléculaire, Heston Blumenthal. Dans son livre, Heston raconte les recherches, les tests et les rencontres qu’il a fait afin de percer les mystères de différents classiques de la cuisine. Chaque chapitre se termine par une recette, qui intègre tous les apprentissages qu’il a fait au cours de sa quête.

Vous devinez la suite… Il y avait un chapitre sur la sauce bolognaise. Heston s’est effectivement rendu à Bologne pour rencontrer différents chefs (certains traditionnels, d’autres moins) qui cuisinaient le ragù  - comme on l’appelle en Italie, et qui ont accepté de lui en livrer les secrets.

Dans mon esprit, Marcella avait un sérieux compétiteur… Se pourrait-il que les recherches d’Heston, jumelées à ses connaissances sur la chimie alimentaire puissent effectivement lui avoir permis de mettre au point la recette parfaite de sauce bolognaise?

Il fallait que j’essaie, même si la recette devait me prendre la journée à réaliser. Parce que oui, elle prend une journée à réaliser.

Constituée d’une enfilade d’étapes, chacune ayant été justifiée par des raisons logiques, la recette surprend également par ses ingrédients peu orthodoxes. De l’anis étoilée? De la sauce à poisson asiatique? De la sauce Worcestershire? Il fallait bien un anglais pour en ajouter à une recette italienne!

La recette d’Heston est réalisée à partir de deux sauces, l’une à la viande et l’autre aux tomates, lesquelles cuisent de manière indépendantes pendant plusieurs heures avant d’être ultimement réunies pour les dernières heures de cuisson.

Pour les curieux qui souhaiteraient essayer la recette, vous la trouverez ici.

Près de 10 heures plus tard, le résultat est à tout le moins visuellement concluant.

Pour ce qui est du goût, les avis divergent. L’Être-Aimé l’a trouvé excellente, tout aussi bonne que celle de Marcella. Quant à moi, j’ai trouvé que c’était une excellente sauce, avec plusieurs saveurs qui se mélangent merveilleusement bien. Cependant, mon côté "traditionnel" m’empêche d’être en extase devant le résultat : s’il s’agit d’une très bonne sauce à la viande, il ne s’agit pas, à mon avis, d’une sauce bolognaise.

Conclusion : l’honneur de la sauce de Marcella (et le mien de facto!) est préservé. D’autant qu’en cherchant la recette d’Heston sur Google tout à l’heure, je suis tombée sur un article du Times anglais qu’il avait écrit et qui proposait une adaptation de la recette de Marcella!

Même Heston confirme donc la suprématie de Marcella!

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Est-il plus simple qu’un oeuf? Du premier repas qu’un enfant apprend à cuisiner seul à l’extravagante pâtisserie élaborée par la main habile d’un grand chef, l’oeuf est un aliment caméléon.

La cuisson d’un oeuf est l’un de ces "miracles quotidiens" que nous ne voyons plus. En effet, la transformation d’un liquide jaunâtre et transparent en un solide blanc et opaque n’est-elle pas un phénomène remarquable?

L’oeuf est l’un des aliments les plus complexes qui soit. Il s’agit en effet d’un heureux mélange d’eau, de lipides et de 11 protéines différentes. Il en va de même pour sa cuisson, dont la complexité est décuplée par la présence d’autant de protéines.

Les protéines du blanc d’oeuf commencent à coaguler à 62 degrés C. Celles du jaune, à 68 degrés. Comment faire pour atteindre précisément cette température?

Avec un four!

En effet, à l’instar de mon steak parfait qui a séjourné 24 heures dans mon four à 50 degrés F, on peut également cuire les oeufs au four pendant une longue période (quelques heures) de manière à atteindre la température interne souhaitée.

J’ai fait le test et j’ai enfourné deux oeufs à 68 degrés (ou à peu près, la chaleur d’un four n’étant jamais extrêmement précise) pendant deux heures. J’ai ensuite cassé la coquille pour découvrir un oeuf tout juste cuit. J’ai récupéré le jaune qui, à 68 degrés, est malléable et a une texture de pommade. Je me suis questionnée sur ce que je pouvais bien en faire.

L’idée m’est venue alors d’adapter le célèbre "déjeuner du camionneur" en une version gastronomique. En effet, j’ai utilisé le jaune d’oeuf comme tartinade pour des rôties, que j’ai accompagné de bacon, saucisse et pomme de terre rôtie. Je vous le concède, la fève au lard est manque à l’appel. Je n’en avais pas sous la main au moment de concocter la recette.

J’aimerais d’ailleurs dédier cette recette à Rosaire, camionneur au coeur tendre et célèbre candidat à l’émission Un souper presque parfait il y a quelques semaines! Rosaire, c’est pour toi!

Pour plus de détails, consultez le Petit traité sur la cuisson de l’oeuf.

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Nous savons tous ce qu’est un trompe l’oeil, une oeuvre visuelle donnant l’impression de la réalité. Mais savez-vous qu’il existe également des "trompe nez"?

Je lisais l’autre jour le très intéressant livre The Fat Duck Cookbook que m’a offert l’Être-Aimé à Noël. Mi-livre de recettes, mi-biographie, ce livre présente différentes expérimentations de mon gourou de la cuisine moléculaire Heston Blumenthal. Soyez-en avertis, les recettes de ce livre sont compliquées, longues et nécessitent des ingrédients qu’on retrouverait probablement plus facilement dans un laboratoire de chimie. Je considère d’ailleurs cet ouvrage comme de la littérature culinaire et non comme un livre de recettes.

Dans un des chapitres, Heston raconte que lors d’une visite au musée des sciences à Philadelphie, il se prêta à une expérience qui lui aura été l’inspiration d’un plat relativement singulier : de la crème glacée qui change de saveur!

Le principe est simple. Si on sent une odeur, de la vanille par exemple, et qu’on goûte ensuite un plat constitué de vanille et de cannelle, ce plat goûtera uniquement la cannelle. Et vice-versa.

Heston propose donc une crème glacée vanille/cannelle qui change de saveur dépendamment de l’odeur qu’on sent avant d’y goûter. En guise d’atomiseur,  il propose des bouteilles en plastique qu’on trouve dans tous les Dollorama de ce monde. L’une contient des gousses de vanille fendues, l’autre, des bâtons de cannelle cassés. On goûte d’abord à la crème glacée telle quelle. Puis, on se  "poush poush" les narines avec disons, de la cannelle. On goûte à la crème glacée qui goûte la vanille.  On change de bouteille et on essaie le "poush poush" à la vanille. Miracle, la crème glacée goûte maintenant la cannelle!

Vous souhaitez vous aussi tenter l’expérience?  Vous trouverez la recette ici. En ce qui me concerne, j’ai essayé la recette avec du lait de soya, qui fonctionne parfaitement. Donc avis aux amateurs de gelato intolérants aux produits laitiers, ne vous privez plus de cette douceur glacée. Remplacez tout simplement le lait par du lait de soya. Vous n’y verrez que du feu et vos invités aussi.

J’ai fait quelques recherches sur la toile pour comprendre le principe biologique derrière cette crème glacée. Heston est plutôt avare d’explications dans son livre. Je n’ai pas trouvé grand chose, mais je crois néanmoins comprendre que la saturation des odeurs y est pour quelque chose. Au même titre que nous devenons désensibilisés à une odeur avec laquelle nous sommes en contact sur une longue période.

Morale de cette histoire: il n’y a pas que l’éléphant qui trompe énormément, la crème glacée aussi!

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