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Articles Tagués ‘cuisine moléculaire’

Invisibles à l’oeil nu, se comptant par milliards, et reconnues pour leurs effets bénéfiques, les bactéries intriguent.

Chaque fois que je mange du yogourt, je me demande toujours comment autant de bactéries peuvent se retrouver dans si peu de matière.

Et du coup, j’ai eu le goût de contribuer, moi aussi, à la prolifération des lactobacillus bulgaricus et des streptococcus thermophilus en faisant mon propre yogourt.

Faire du yogourt maison est relativement simple. Mes lectures m’ont fait comprendre que pour les bactéries, le yogourt est en quelque sorte un Club Med : il fait chaud, mais pas trop, on peut y faire trempette et il y un buffet à volonté!

Ainsi, à du lait tiède, on ajoute un petit contenant de yogourt individuel, on verse dans des pots, et on les laisse pendant 4 heures dans un environnement à environ 45 degrés C.

Le mot yogourt vient de yoghurmak, mot turc signifiant «épaissir". Toutefois, son origine serait bulgare. Comme bien d’autres produits laitiers, le yogourt est le fruit du hasard et son origine remonterait au tout début de l’agriculture. On dit même qu’il s’agit de l’un des premiers produits transformés par l’homme. Les gardiens de troupeaux auraient commencé à traire le lait de leurs animaux et les enzymes naturels se trouvant dans les contenants (estomacs d’animaux) auraient fait cailler le lait, donnant ainsi naissance au yogourt. Le produit ainsi obtenu se conservait plus longtemps.

La beauté du yogourt maison, c’est qu’il est possible de le personnaliser au gré de son inspiration. Quant à moi, j’ai choisi d’essayer l’une des recettes de mon livre Petit précis de cuisine moléculaire : un yogourt au sirop de carotte aromatisé au basilicIntriguant non?

 

Dans les faits, la recette originale est à la coriandre et non au basilic. Mais comme je ne suis pas particulièrement friande de coriandre, j’ai choisi de la remplacer par une herbe de la même famille aromatique.

Le basilic fait à merveille dans cette recette. Et le sirop de carotte est une belle découverte. On pourrait facilement l’utiliser sur de la crème glacée, des crêpes ou un gâteau blanc. Quant au yogourt lui-même, il est très bon et moins acide que les yogourts du commerce.

La clé de la longévité

Probiotique est un mot à la mode depuis quelques années. Cependant, cela fait plus d’un siècle qu’on tente de faire des liens entre longévité et consommation de yogourt. Le cas le plus célèbre est probablement celui de Zaro Agha, un turc qui aurait vécu jusqu’à 157 ans! Il serait l’homme ayant vécu le plus longtemps de l’histoire. Né en 1774 et décédé en 1934, il aurait attribué sa longévité à sa consommation massive – et régulière – de yogourt tout au long de sa vie.

Au début du 20e siècle, le biologiste russe Ilya Metchnikoff a fait des recherches sur les propriétés du yogourt dans une thèse intitulée Le prolongement de la vie. Metchnikoff était intrigué de constater que les paysans bulgares vivaient beaucoup plus longtemps que d’autres peuples. Il a émis la théorie qu’une consommation importante d’éléments "vivants", en particulier le yogourt, permettait d’augmenter l’espérance de vie. Il a même affirmé qu’en suivant un tel régime, une personne pourrait vivre jusqu’à 150 ans.

Metchnikoff a remporté le prix Nobel de physique et de médecine en 1908. Ses travaux lui ont permis d’identifier l’une des bactéries utilisées dans la production du yogourt, le lactobacillus bulgaricus, qu’il a nommé ainsi en l’honneur du peuple bulgare qu’il a étudié, et qui sont de fervents amateurs de yogourt!

Les gens qui me connaissent savent que j’ai l’intention de devenir doyenne de l’humanité. Les autres, vous le savez maintenant! Avec ce que je viens d’apprendre, et ce que je m’apprête évidemment à mettre en pratique, vous pouvez désormais dormir sur vos deux oreilles : vous savez que je serai aux commandes de ce blogue encore bien longtemps!

Longue vie aux bactéries!

Pour plus de détails : Petit traité sur le yogourt

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Avertissement : ce billet peut entraîner une hausse de votre taux de cholestérol. Nous préférons vous en avertir.

Les tendances alimentaires de 2008 annonçaient une hausse de la popularité du bacon (comme si c’était possible), de même qu’une diversification dans son utilisation. Ils avaient raison.

Depuis, une vague de grillades porcines a déferlé en Amérique du Nord, occupant désormais une place de choix dans les plus grands restaurants. On décrit d’ailleurs cet enthousiasme carné de "bacon mania".

Pourquoi le bacon a-t-il sur certaines personnes une dépendance aussi forte que certaines drogues dures? Croyez-le ou non, la réponse à cette question pourrait bien être d’ordre moléculaire. Dans un article du Telegraph, une scientifique britannique a d’ailleurs expliqué que c’est la réaction chimique entre les protéines et les sucres contenus dans le bacon qui crée cette saveur particulière.  Cette réaction, aussi connu sous le nom de réaction de Maillard, n’est pas unique au bacon. Un steak sur le barbecue, des noix grillées ou même une simple rôtie sont des résultantes de la réaction de Maillard.

Mais le réel secret du bacon réside… dans le gras! Les matières grasses sont des transporteurs de saveurs. La réaction de Maillard produites par le bacon est donc décuplée par le gras qu’il contient.

Conséquence de la bacon mania, on retrouve désormais de nombreux produits dérivés, tous aussi dégoûtants les uns que les autres. Des exemples : de la baconnaise, une mayonnaise aromatisée au bacon, le bacon martini, un drink fait partir de vodka infusée au bacon, et plus dernièrement, un parfum à odeur de bacon!

Aussi, le bacon n’est plus seulement l’apanage du déjeuner ou du club sandwich, on l’intègre maintenant dans des desserts. On l’utilise en effet pour ajouter une touche salée à des mets sucrés, au même titre qu’on utilise du beurre d’arachide avec du chocolat ou de la fleur de sel dans du caramel. J’ai d’ailleurs déjà testé une recette de carrés au bacon sur mon blogue. Mon gourou Heston Blumenthal a aussi créé en 2006 une crème glacée aux oeufs et au bacon. J’ai vu la recette et je me promets bien de l’essayer un jour.

D’ici là, inspirée à la fois par le temps des sucres et par les mariages aromatiques de François Chartier de Papilles et molécules, j’ai eu le goût, moi aussi, de sauter à pieds joints dans la bacon mania. J’ai donc créé un pouding chômeur aux pommes et au bacon!

Pour le pouding, je me suis basée sur la recette de Caroline Dumas, propriétaire du restaurant SoupeSoup à Montréal. Publiée sur le site de À la di Stasio, les commentaires que j’ai lus à propos de cette recette sont dithyrambiques. À la recette originale, j’ai ajouté des pommes caramélisées au sirop d’érable et bien sûr… du bacon.

Y’a pas de mots pour décrire ce dessert qui est probablement l’un des meilleurs que j’ai mangé dans ma vie! Rien de moins. La saveur du bacon est subtile, mais s’amalgame de façon parfaite avec le sirop d’érable et les pommes. Encore une victoire de Papilles et molécules. Je crois même que si devais participer à l’émission Un souper presque parfait, c’est ce dessert que je servirais. C’est vous dire.

Poétiquement, j’ai choisi de baptiser ce dessert le "pouding chômeur du bûcheron". Certains croiront que c’est en raison du bacon qu’il contient. Ils ont tort. Le nom fait simplement référence au nombre d’heures qu’il faut travailler dans le bois pour brûler les calories contenues dans une portion.

Sur ce, bon cholestérol!

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Pouding chômeur du bucheron

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S’il y a un mystère alimentaire que je souhaite réellement percer, c’est celui du fromage. Depuis des années, bien avant de démarrer ce blogue, j’ai souhaité faire mon propre fromage.

Ce matin, en faisant de la ricotta maison, j’avais un peu l’impression d’enfin toucher à mon rêve. Note aux lecteurs, il ne faut jamais se moquer du rêve des gens. Si certains rêvent de devenir riches ou de parcourir le monde, d’autres peuvent tout aussi bien rêver de faire un jour leur propre fromage.

J’étais donc très enthousiaste d’essayer une recette pour faire de la ricotta maison. J’avais vu différentes recettes, que ce soit sur le net ou dans mes livres. Mon choix s’est toutefois arrêté sur la recette de Christina Blais sur le site de Ricardo.

J’étais curieuse de goûter à de la ricotta fraîche, moi qui n’a jamais été une grande adepte de la ricotta, que j’ai toujours trouvé un peu fade et granuleuse.

Étonnamment, la recette n’est pas compliquée à réaliser. Cependant, on ne peut pas vraiment dire qu’elle est vraiment économique. Pour près de 3 litres de liquide, on obtient à peine 2 tasses de ricotta.

La qualité du produit n’a cependant pas d’égal avec la version commerciale. La photo ci-dessous représente d’ailleurs une manière d’apprêter la ricotta fraîche, avec du poivre moulu, des herbes fraîches et un filet d’huile d’olive.

Le résultat est franchement délicieux. Et le fait de faire la ricotta soi-même permet d’en contrôler la texture au final. Ainsi, dépendemment du temps qu’on laisse le fromage égoutter, il sera plus ou moins crémeux. On pourra donc utiliser une version plus crémeuse pour servir tel quel, en version salée (comme la photo), ou en version dessert avec du miel ou du sirop d’érable, et des fruits. Et comme le temps pour l’égouttage est rapide (environ 5 minutes), la ricotta est encore tiède… Miam!

En laissant égoutter le mélange un peu plus longtemps (15 à 20 minutes), on obtient une ricotta un peu plus ferme, parfaite pour les lasagnes ou les trempettes. Enfin, on peut également laisser égoutter la ricotta plusieurs heures au réfrigérateur si on souhaite, par exemple, l’utiliser pour des gnocchis ou des tartes à la ricotta.

Fait à noter : en faisant la recherche pour rédiger cette chronique, j’ai fait une découverte surprenante : le fromage ricotta n’est pas un fromage!

Coup de théâtre! Logeant à la même adresse que le cheese whiz et le parmesan Kraft en contenant vert, la ricotta est en fait un sous-produit du fromage.

Il y a cependant des imposteurs qui ont meilleur goût que d’autres…

Pour plus de détails : Petit traité sur la ricotta

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On me reproche souvent de ne pas publier des billets au sujet de mes échecs culinaires. La raison est simple : ce n’est pas parce qu’une recette est un échec un jour qu’elle le sera le lendemain. C’est pourquoi je préfère comprendre ce qui ne fonctionnait pas, le corriger, et publier. Le cas d’aujourd’hui fait cependant exception à la règle. Malgré mes efforts, je suis forcée de reconnaître l’échec. Le vrai. Le douloureux.

Il y a quelques mois, je me suis acheté un kit de cuisine moléculaire, constitué de différentes poudres et autres outils de laboratoire. Il me restait un duo de poudres à utiliser, celui permettant de faire de la sphérification.

La sphérification est en quelque sorte l’emblème de la cuisine moléculaire. Elle consiste à mettre une préparation liquide sous forme de sphères. Elle permet donc de créer des sphères au cœur liquide emprisonnée dans une fine pellicule gélifiée. Il existe deux types de sphérification : celle dite "normale", et l’autre, dite "inversée". On utilise l’une ou l’autre des techniques en fonction du liquide qu’on souhaite mettre en billes. Ainsi, les préparations à base de produits laitiers nécessitent une sphérication inversée.

La sphérification, normale ou inversée, ont toutes deux été mises au point il y a quelques années par le célèbre Ferran Adria, chef du tout aussi célèbre restaurant El Bulli en Espagne, reconnu pour sa cuisine d’avant-garde. Le El Bulli reçoit chaque année 2 millions de demandes de réservation venues des quatre coins du monde, alors qu’il ne peut accueillir que  8 000 chanceux. Certaines personnes accompagneraient même leur demande de réservation d’une lettre de motivation afin d’être retenus parmi les élus qui auront le droit de payer quelques centaines d’euros pour déguster un menu de 25 plats (ou plutôt 25 miniatures) parmi lesquels on pourra trouver de l’air de carotte, un sorbet grillé au barbecue, une viande accompagnée d’une seringue hypodermique pleine de sauce, des guimauves de parmesan, du caramel d’huile de courge, des bonbons à l’huile de potiron, du croquant d’algue, des pétales de rose en tempura, des pastilles glacées au whisky sour, des sorbets aux amandes parfumés à l’ail ou encore de la nougatine aux algues. (source : wikipedia)

Revenons à la sphérification. Histoire de mettre en valeur ces délicates billes de saveur, j’ai eu l’idée de créer une salade de fruits inspirée des recherches de Papilles et molécules, laquelle serait faite d’ingrédients provenant de la même famille aromatique. Une salade de fraises et d’ananas, macérés dans du xérès, avec des billes de crème anglaise vanillée et un craquant de girofle.

Vous voyez les trois billes de crème anglaise? Et bien ce sont les seules que j’ai réussi à faire… après plusieurs heures d’essais! J’ai fouillé le net à la recherche de trucs, j’ai essayé toutes les méthodes proposées. Le constat est le suivant : la sphérification inversée est difficile et demande une manipulation délicate.

Il semblerait toutefois que la sphérification normale soit plus plus facile à réaliser. Je vous le laisserai savoir en temps et lieu.

Quant à ma salade de fruits, le résultat est vraiment délicieux. L’amalgame des saveurs et des textures (le craquant au girofle a vraiment une valeur ajoutée) est parfait. Suffisamment pour élever François Chartier au rang de gourou des mariages aromatiques.

Un nouveau membre, donc, qui s’ajoute à ma très sélecte liste de gourous. Somme toute, l’expérience en aura donc valu la peine.

Pour en savoir plus sur la sphérification.

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En ce jour de grand-messe du cinéma, je me suis intéressée à l’un des phénomènes culinaires parmi les plus explosifs : le popcorn.

Ce que j’aime du popcorn, c’est sa singularité. À l’instar du flocon de neige, aucun grain de maïs soufflé n’est identique. Traitez-moi de folle ou conduisez-moi au pilori, mais je trouve ça beau du popcorn! Particulièrement cette vidéo ou on voit un grain éclater au ralenti. Presque poétique!

 

Plusieurs savent que c’est l’eau contenue dans le grain de maïs qui le fait exploser à la chaleur. Mais pourquoi se gonfle-t-il autant, à en prendre jusqu’à 50 fois son volume? Et pourquoi ce principe n’est-il pas l’apanage de tous les grains, quels qu’ils soient?

Commençons par le commencement : la graine. Un grain de maïs, c’est un embryon (contenant le bagage génétique), de l’eau et de la nourriture (dans le cas qui nous concerne, de l’amidon), le tout scellé sous une coquille hermétique.

Lorsqu’elle est en contact avec un milieu fertile, la graine utilise l’amidon comme source d’énergie, laquelle qui lui permet de survivre jusqu’à ce que les premières feuilles de la plante poussent.

Voilà pour la botanique. Lorsqu’on chauffe l’un de ces grains, l’eau parvient à ébullition et se mélange à l’amidon pour former une gelée (un peu comme lorsqu’on mélange de la fécule de maïs et de l’eau). La vapeur d’eau étant conscrite à l’intérieur de la coquille, la température et la pression augmentent. Tout juste avant d’éclater, la température peut monter jusqu’à 180 degrés C et la pression, à plus de 1010 kpa (ce qui, grosso modo, correspond à une pression 10 fois plus élevée qu’un autocuiseur standard).

La brèche dans la coquille crée une baisse radicale de pression, ce qui permet l’expansion de la "gelée d’amidon". Vous avez certainement vu cette expérience ou une guimauve se met à gonfler lorsqu’on la place dans un environnement ou on retire l’air. Il s’agit exactement du même principe.

Au contact de l’air, l’eau contenu dans la gelée s’évapore instantanément, laissant une mousse d’amidon ferme, sèche, et stable : le popcorn.

Les grains utilisés pour le maïs soufflé proviennent d’une variété différente de celle que l’on mange en épi. Le grain est plus petit, et l’enveloppe qui l’entoure est plus dure et plus hermétique. Ce qui explique aussi pourquoi il est plus difficile de faire éclater d’autres types de grains. La coquille des autres céréales, le blé et le riz notamment, sont plus poreuses et laissent davantage évacuer la vapeur, donnant des résultats disons… moins éclatants!

C’était pour la théorie. Revenons maintenant aux Oscars. Pour donner à votre popcorn une touche un peu plus hollywoodienne, je vous propose de l’aromatiser à l’huile de truffe, et d’y soupoudrer un peu de parmesan, Quoi, c’est la soirée  des Oscars après tout? On attire pas Tom Cruise avec du vinaigre!

 

Champagne!


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Est-il plus simple qu’un oeuf? Du premier repas qu’un enfant apprend à cuisiner seul à l’extravagante pâtisserie élaborée par la main habile d’un grand chef, l’oeuf est un aliment caméléon.

La cuisson d’un oeuf est l’un de ces "miracles quotidiens" que nous ne voyons plus. En effet, la transformation d’un liquide jaunâtre et transparent en un solide blanc et opaque n’est-elle pas un phénomène remarquable?

L’oeuf est l’un des aliments les plus complexes qui soit. Il s’agit en effet d’un heureux mélange d’eau, de lipides et de 11 protéines différentes. Il en va de même pour sa cuisson, dont la complexité est décuplée par la présence d’autant de protéines.

Les protéines du blanc d’oeuf commencent à coaguler à 62 degrés C. Celles du jaune, à 68 degrés. Comment faire pour atteindre précisément cette température?

Avec un four!

En effet, à l’instar de mon steak parfait qui a séjourné 24 heures dans mon four à 50 degrés F, on peut également cuire les oeufs au four pendant une longue période (quelques heures) de manière à atteindre la température interne souhaitée.

J’ai fait le test et j’ai enfourné deux oeufs à 68 degrés (ou à peu près, la chaleur d’un four n’étant jamais extrêmement précise) pendant deux heures. J’ai ensuite cassé la coquille pour découvrir un oeuf tout juste cuit. J’ai récupéré le jaune qui, à 68 degrés, est malléable et a une texture de pommade. Je me suis questionnée sur ce que je pouvais bien en faire.

L’idée m’est venue alors d’adapter le célèbre "déjeuner du camionneur" en une version gastronomique. En effet, j’ai utilisé le jaune d’oeuf comme tartinade pour des rôties, que j’ai accompagné de bacon, saucisse et pomme de terre rôtie. Je vous le concède, la fève au lard est manque à l’appel. Je n’en avais pas sous la main au moment de concocter la recette.

J’aimerais d’ailleurs dédier cette recette à Rosaire, camionneur au coeur tendre et célèbre candidat à l’émission Un souper presque parfait il y a quelques semaines! Rosaire, c’est pour toi!

Pour plus de détails, consultez le Petit traité sur la cuisson de l’oeuf.

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Nous savons tous ce qu’est un trompe l’oeil, une oeuvre visuelle donnant l’impression de la réalité. Mais savez-vous qu’il existe également des "trompe nez"?

Je lisais l’autre jour le très intéressant livre The Fat Duck Cookbook que m’a offert l’Être-Aimé à Noël. Mi-livre de recettes, mi-biographie, ce livre présente différentes expérimentations de mon gourou de la cuisine moléculaire Heston Blumenthal. Soyez-en avertis, les recettes de ce livre sont compliquées, longues et nécessitent des ingrédients qu’on retrouverait probablement plus facilement dans un laboratoire de chimie. Je considère d’ailleurs cet ouvrage comme de la littérature culinaire et non comme un livre de recettes.

Dans un des chapitres, Heston raconte que lors d’une visite au musée des sciences à Philadelphie, il se prêta à une expérience qui lui aura été l’inspiration d’un plat relativement singulier : de la crème glacée qui change de saveur!

Le principe est simple. Si on sent une odeur, de la vanille par exemple, et qu’on goûte ensuite un plat constitué de vanille et de cannelle, ce plat goûtera uniquement la cannelle. Et vice-versa.

Heston propose donc une crème glacée vanille/cannelle qui change de saveur dépendamment de l’odeur qu’on sent avant d’y goûter. En guise d’atomiseur,  il propose des bouteilles en plastique qu’on trouve dans tous les Dollorama de ce monde. L’une contient des gousses de vanille fendues, l’autre, des bâtons de cannelle cassés. On goûte d’abord à la crème glacée telle quelle. Puis, on se  "poush poush" les narines avec disons, de la cannelle. On goûte à la crème glacée qui goûte la vanille.  On change de bouteille et on essaie le "poush poush" à la vanille. Miracle, la crème glacée goûte maintenant la cannelle!

Vous souhaitez vous aussi tenter l’expérience?  Vous trouverez la recette ici. En ce qui me concerne, j’ai essayé la recette avec du lait de soya, qui fonctionne parfaitement. Donc avis aux amateurs de gelato intolérants aux produits laitiers, ne vous privez plus de cette douceur glacée. Remplacez tout simplement le lait par du lait de soya. Vous n’y verrez que du feu et vos invités aussi.

J’ai fait quelques recherches sur la toile pour comprendre le principe biologique derrière cette crème glacée. Heston est plutôt avare d’explications dans son livre. Je n’ai pas trouvé grand chose, mais je crois néanmoins comprendre que la saturation des odeurs y est pour quelque chose. Au même titre que nous devenons désensibilisés à une odeur avec laquelle nous sommes en contact sur une longue période.

Morale de cette histoire: il n’y a pas que l’éléphant qui trompe énormément, la crème glacée aussi!

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On a tous des gens dans notre entourage qu’on apprécie moins. D’autres (mais souvent les mêmes) qu’on soupçonne de se nourrir à l’occasion de vaches enragées. D’autres enfin, qui sont de réelles personnifications de vaches enragées!

Vous souhaitez passer un message en douce à ces sympathiques personnes? J’ai la solution pour vous. Organisez un 5 à 7, invitez-les, et servez leur ces inoffensifs craquelins… à l’air de boeuf! Effet boeuf garanti!

Le jeu de mot était facile. En cuisine moléculaire, on appelle "air" ces mousses très aériennes qui ressemblent à du savon à vaisselle. C’est d’ailleurs l’Être-Aimé qui a fait la blague en goûtant mon air d’échalote française.

Au départ, j’ai trouvé ça drôle. Quelques secondes plus tard, je me suis dit "Pourquoi pas!". En faisant mousser du bouillon de boeuf, on obtiendrait concrètement un air de boeuf.

J’ai d’abord essayé de servir l’air de boeuf avec du fromage grillé (style Doré-mi) et une salade. Mais le fromage était trop dur et trop salé. On goûtait rien.

La révélation est arrivée plus tard grâce à Papilles et molécules. Dans son livre, François Chartier présente les parentés moléculaires et aromatiques de certains aliments. Selon sa théorie, lorsqu’on utilise plusieurs ingrédients provenant d’une même famille aromatique, on décuple les saveurs, ce qui a pour effet de mettre en extase nos papilles gustatives.

Tentons l’expérience. Il semble que le bouillon de boeuf fasse partie de la famille aromatique du sotolon. Il a entre autres comme cousins aromatiques le curry, les figues, les graines de fenugrec séchées (?) et le sirop d’érable.

Je n’ai pas pris de chance et j’ai décidé de pousser la théorie à son maximum. J’ai créé un craquelin aromatisé au fenugrec, avec une garniture de fromage à la crème au curry, une compotée de figues séchées au sirop d’érable, le tout surmonté de mon air de boeuf (en fait, pas MON air de boeuf, mais celui de la recette… vous comprenez n’est-ce pas?).

Le résultat est fantastique! Moi qui avais des doutes sur le fait de mélanger plusieurs ingrédients hétéroclites ensemble, c’est vraiment incroyable de constater à quel point toutes les saveurs se mariaient bien ensemble. Je vous le confirme, mes papilles ont réellement vécu une expérience hors du commun!

Si, à votre tour, vous souhaitez stimuler vos papilles, la recette est ici.

De grâce, ne soyez pas intimidés par l’apparente complexité de l’air de bœuf. Trouvez-vous compliqué de fouetter de l’eau avec du savon à vaisselle? Et bien les airs fonctionnent exactement selon le même principe. On fouette un liquide auquel on ajoute de la lécithine de soya, qui agit en quelque sorte comme du savon à vaisselle dans l’eau : il permet à un liquide de faire des bulles. Tout simplement. Quand on sait qu’environ 85 % de toutes les sensations qui stimulent notre appétit proviennent des parfums qui montent à nos narines, les milliers de bulles d’arômes que constituent les airs prennent alors une importance insoupçonnée!

En ses qualités de sommelier, François Chartier propose évidemment dans son livre des vins accompagnant les "amis de Sotolon". Il s’agit notamment des vins liquoreux, des xérès et des portos tawny. Les bières brunes et noires, de même que le saké sont également conseillés. Voilà une information qui pourra servir lors de votre 5 à 7.

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En pleine nuit une sirène… appelle au feu tous les pompiers.

Mais la brigade de Sacha Distel sera probablement très déçue d’apprendre qu’il est désormais possible de faire du saumon fumé…sans fumée.

C’était ce que proposait le duo moléculaire de l’heure, François Chartier et Stéphane Modat de Papilles et molécules, à l’émission Curieux Bégin du 7 janvier dernier. La promesse était grande, et mes attentes l’étaient tout autant.

L’ingrédient miracle cette fois-ci est le thé fumé. Étant une complète ignare du thé, j’ignorais qu’on pouvait le fumer. Mais une légende chinoise raconte que le thé fumé, comme bien d’autres choses, est arrivé par hasard.

L’histoire veut qu’au 19e siècle, l’armée chinoise a réquisitionné une plantation de thé. Le propriétaire, devant libérer les lieux, se retrouva avec un volume important de feuilles de thé encore humides qu’il risquait de perdre s’il ne les séchait pas rapidement. En voulant accélérer le processus, il alluma un feu avec des racines d’épinettes et plaça les feuilles de thé par-dessus. En quelques instants les feuilles séchèrent mais prirent un goût de fumée très particulier. Quelques jours plus tard un marchand étranger, rendant visite au propriétaire, découvrit ce lot de thé dont personne ne voulait. Il l’emporta avec lui en Europe, où il connut un grand succès.

Vous savez qu’on ne change pas une recette gagnante. Pour cette raison, il semblerait que les thés fumés soient fabriqués de cette façon encore aujourd’hui.

Pour cette recette, Papilles et molécules suggèrent l’utilisation du thé Lapsang souchong. En ouvrant le sac, l’odeur nous saisie : on se croirait sur le bord d’un feu de camp et on referme rapidement le sac de peur que Paul Piché n’en sorte avec sa guitare! Je dois néanmoins ajouter un bémol : l’odeur diminue considérablement une fois le thé infusé.

La recette fonctionne sur le principe d’une marinade sèche constituée de sucre, sel et thé fumé. On dépose sur un filet de saumon et on laisse reposer au frigo environ 12 heures.

C’est un euphémisme, mais le résultat est stupéfiant! Les arômes de fumée se sont réellement transférées au saumon, le ratio sucre/sel est parfait. Vraiment une belle recette. À refaire c’est certain, d’autant qu’elle se prépare en moins de 10 minutes! Pour la recette ci-dessous, j’ai grillé le saumon quelques minutes avant de le servir.

Lors de l’émission, on servait le saumon fumé avec une vinaigrette soi-disant aussi miraculeuse : la vinaigrette de Mr Maillard. Si Curieux Bégin était en extase gustative complète, Mr Maillard m’a laissé un peu tiède. Question de goût j’imagine, mais je trouvais le saumon meilleur dans son plus simple appareil.

Qu’est-ce qu’on a fait des tuyaux, des lances et de la grande échelle ?

On les a remisés, on en a plus besoin!

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Nous filons sur la neige blanche, en ce beau jour de dimanche…

Et nous démystifions surtout les principes moléculaires derrière la meringue!

Autant vous avouer tout de suite : je suis folle dingue de la meringue. Alors vous comprendrez qu’en préparant mon menu de Noël, j’ai eu une attirance particulière pour la recette de bûche de Noël provenant du livre de recettes de Janette Bertrand, laquelle est glacée d’une meringue qu’on grille au four avant de servir.

Malheureusement, je ne sais pas ce qui s’est passé, (j’ai probablement péché par excès de meringue), mais on dirait que depuis quelques temps, mon système digestif supporte moins bien le blanc d’oeuf cru qui me donne des maux de ventre. Et vous serez d’accord avec moi que le soir de Noël n’est peut-être pas le meilleur moment pour choisir de mal digérer (enfin, je doute qu’il y ait réellement un meilleur moment).

Que faire alors? Suis-je condamnée à retirer cette divine mousse de mon alimentation pour toujours?

Il me restait une dernière chance : la meringue italienne!

 

Pour de l’info moléculaire sur la meringue, consultez le Petit traité sur la meringue.

Janette utilise une meringue française pour sa recette de bûche. Mes recherches démontrent cependant que la meringue italienne est à privilégier pour ce genre de recettes. Dans le cas qui nous concerne, c’est plutôt mon système digestif qui a su imposer la meringue italienne! Pour la petite histoire, sachez que ma bûche a fait un véritable tabac lors du réveillon de Noël. Vous trouverez d’ailleurs la recette ici.

Une meringue québécoise?

Cette histoire de meringue italienne et de sirop m’a donné une idée. Puisqu’on utilise un sirop pour cuire la meringue italienne, ne pourrait-on pas utiliser du sirop d’érable qu’on aurait préalablement cuit jusqu’à 116 degrés C? Le résultat donnerait alors une meringue… québécoise! Je me mets immédiatement sur le dossier et vous reviens avec une recette d’ici peu.

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